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Le rôle de l'intellectuel arabe en débat



Le rôle de l'intellectuel arabe en débat
Coïncidant avec la fête de la Victoire, sous le slogan « L'intellectuel et les questions de la Oumma », la seconde édition du colloque international Tahar-Ouettar, organisée par l'association El Djahidhiya, sous le patronage du ministère de la Culture, s'est déroulée mercredi et jeudi derniers à la Bibliothèque nationale à Alger, en présence de plusieurs universitaires algériens et arabes ainsi que des responsables d'institutions publiques. « Nous avons choisi de traiter de ce thème dans un contexte marqué par le retrait de la classe intellectuelle du débat public, notamment sur des questions aussi stratégiques et cruciales que sont les crises et les complots qui visent à détruire l'unité arabe », nous dit le président d'El Djahidhiya, Mohamed Tin, pour qui « la voix de l'intellectuel ne se fait plus entendre ou seulement de manière épisodique ». Et de renchérir : « C'est pourquoi nous entendons saisir cette tribune internationale pour insister sur l'impératif du retour de l'intellectuel sur la scène publique. Parce que c'est à lui qu'échoit le rôle premier d'éclairer l'opinion publique et la mettre en garde contre les dangers incarnés par la politique des puissances colonialistes qui cherchent à mettre une nouvelle fois la main sur le monde arabo-musulman ». Le docteur Nadjib El Aoufi, écrivain, critique et professeur à la Faculté des lettres et des sciences humaines de Rabat (Maroc), a établi un diagnostic sans appel du piètre rôle tenu par l'intellectuel dans la foulée des révoltes populaires qui ont bousculé plusieurs pays arabes et conduit la plupart d'entre eux à des guerres civiles aux relents confessionnels et ethniques. Cet « abandon de poste », il l'a expliqué à travers plusieurs facteurs, entre autres l'affaiblissement de la gauche arabe qui tenait dans les années 60 et 70 les manettes de la scène politique et intellectuelle, le recul du socialisme en tant que système de gouvernance, l'émergence d'idéologies extrémistes porteuses de violences, et enfin l'étendue ravageuse du libéralisme sauvage qui a ruiné, dit-il, plusieurs pays de la région. L'universitaire irakien, Abdelmadjid Errabiaâi, a axé son discours sur le projet obscurantiste destructeur porté notamment dans son pays, par le groupe terroriste de Daech qui est en train de faire table rase des villes aux civilisations plusieurs fois millénaires, telles qu'Alep en Syrie ou Moussol en Irak. D'autres intervenants se sont relayés à la tribune autour d'autres sujets. Comme la pensée de l'intellectuel algérien Malek Bennabi, la pensée démocratique chez Ben Badis... Le représentant du ministère de la Culture a réitéré le soutien de sa tutelle à toutes les initiatives visant le développement du paysage culturel, notamment aux actions engagées par cette association créée, en 1989, par l'un des leaders de la littérature algérienne d'expression arabe, le regretté Tahar Ouettar.


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