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Le retour à la terre



Le retour à la terre
Choix - Certains fonctionnaires choisissent de rompre définitivement avec un métier qu'ils ont pratiqué durant de longues années pour exploiter leur retraite dans le travail paisible de la terre.
Il s'agit, notamment, de ceux qui ont longtemps exercé des professions exigeant des efforts intellectuels et qui veulent se reposer pleinement tout en restant en contact avec la nature et l'activité physique. «''Le travail, c'est la santé''», comme dit le fameux dicton. J'ai passé la moitié de ma vie dans des administrations publiques et dès que j'ai pris ma retraite, je suis revenu dans mon village où je laboure mes parcelles de terre», affirme, fièrement, Aâmi Rabah, septuagénaire.
«Mes enfants sont restés à Alger pour poursuivre leurs carrières professionnelles. Mon épouse et moi sommes revenus au village où nous menons une vie tranquille, tout en cultivant divers légumes», soutient encore cet ex-directeur d'administration au niveau d'une institution financière à Alger, installé depuis trois ans déjà dans son patelin d'Ichoukrene, dans la commune de Tizi Ghennif (sud-ouest de Tizi Ouzou). En Kabylie, comme dans d'autres régions du pays, même les ex-émigrés qui ont travaillé en France, continuent de prendre soin de leur terre. Bien qu'ils aient les moyens de vivre en ville, ces derniers ont privilégié la montagne. «A notre âge, nous n'avons rien à faire en ville. Passer nos journées dans les cafés ne nous intéresse nullement.
Il n'y a pas mieux que l'activité physique, loin de toute pression, pour savourer la vieillesse et préserver sa santé», avouent, pour leur part, d'autres «anciens» à Frikat, Boghni et Ouadhias. Loin du tintamarre et des multiples aléas de la vie dans les espaces urbains, ces retraités ont, il faut le dire, réussi à joindre l'utile à l'agréable. Nos interlocuteurs sont conscients des effets nuisibles de l'exposition au délassement, tant sur le plan physique que psychologique.
«L'oisiveté est mère de tous les vices», stipule un dicton bien connu dans notre société et les concernés en sont conscients. «Il y a des retraités qui abusent de repos. Sous prétexte qu'ils disposent de tous les moyens financiers nécessaires à une vie décente, ils dorment trop et passent, ensuite, le reste de la journée dans des discussions stériles. Mais ils finissent par avoir des maladies handicapantes et regrettent de s'être adonnés au repos plus que de besoin», estime Aâmi Mohamed, 75 ans, habitant au village Aïn Chriki, à l'ouest de Bouira.
Cet ancien routier de la Société nationale du transport de voyageurs s'occupe d'un petit verger et quelques têtes de bétail. Vu son dynamisme et sa perspicacité, il donne l'image d'un jeune de trente ans. «Dieu merci, je ne souffre d'aucune maladie, car en sus de l'activité physique, je consomme des produits bio que je cultive moi-même. Le lait de chèvre a aussi contribué à me garder en bonne santé», se félicite cet athlétique septuagénaire.
La différence est, d'ailleurs, évidente entre les retraités qui sont restés dans les grandes villes et ceux qui ont préféré passer le reste de leur vie dans des espaces ruraux où seul l'air pur est à même de «dynamiser le c'ur et remobiliser les jambes», comme disait Slimane Azem, un des maîtres de la chanson kabyle.
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