La cinquième
rencontre euromaghrébine des syndicats a eu lieu dans l'après midi d'avant-hier,
au siège du Snapap, sis à la rue de la Bastille. Le choix d'Oran et au-delà de
l'Algérie, pour abriter cette rencontre, a été présenté par Stéphane Enjarlan,
représentant du syndicat français «Solidaires», comme «une manifestation de
soutien avec les syndicalistes algériens auxquels le gouvernement français
avait refusé le visa». En plus du Snapap et de «Solidaires», des représentants
du CNT (France), de l'ODT (Organisation démocratique du travail), syndicat
marocain, et de la CGT (espagnole), ont pris part aux travaux de cette
rencontre. Du côté algérien, on relèvera la participation de la Coordination
nationale CNES et du CLA. On nous affirme que les représentants de l'UGTT
(Tunisie) n'ont pas pu se déplacer à cause des événements que vit la Tunisie,
depuis plus d'un mois. D'autre part, on signale l'absence de l'unique syndicat
autonome en Egypte, occupé par la préparation de son congrès. Les travaux qui
se sont prolongés jusqu'à une heure tardive de la soirée, ont porté notamment
sur la situation tunisienne. Dans ce sens, le réseau euromaghrébin des
syndicats a décidé l'envoi d'une délégation à Tunis pour manifester leur
solidarité et leur soutien au mouvement syndical tunisien. Dans ce sens, notre
interlocutrice Valérie Constance a rappelé que le soutien de ce réseau avec les
syndicats et travailleurs tunisiens, remonte à des années. Et d'indiquer le
soutien de la grève des travailleurs du bassin minier de Gafsa en 2008, qui
s'était soldé par des morts et des incarcérations. Le réseau, nous dira la
représentante de la CNT, a participé à la mobilisation de l'opinion publique
française et européenne qui avait dépêché des observateurs internationaux, lors
du procès des grévistes. D'un autre côté, l'hôte marocain a présenté un tableau
sur la situation des luttes syndicales dans son pays. Le cas des licenciements
massifs (1.500 travailleuses d'un coup) par des multinationales, installées sur
le sol du Royaume chérifien, a été évoqué. De même, les luttes de l'ANDCM
(Association nationale des diplômés chômeurs du Maroc) ont retenu l'attention
des représentants syndicaux présents à cette cinquième rencontre. Concernant
l'Algérie, les obstructions au libre exercice du droit syndical en Algérie ont
aussi fait l'objet d'un exposé et de débats. Pour illustrer le déni de ce
droit, le cas de fermeture de la Maison des Syndicats à Alger, il y a quelques
mois, a été rappelé. Les partenaires de ce réseau ont d'ailleurs décidé de
mener une grande campagne d'information sur les libertés syndicales en Algérie,
en France, en Italie et en Espagne, entre autres. S'agissant de la situation
dans les pays de la rive nord de la Méditerranée, les remises en cause des
acquis sociaux, entamées en Espagne et en France ont, elles aussi, été
étudiées.
Cette rencontre a été sanctionnée par la
publication d'un communiqué où le soutien au mouvement de changement
démocratique en Tunisie a été salué. Par ailleurs, le communiqué réclame la
libération, sans conditions, des émeutiers emprisonnés en Algérie et en
Tunisie. De même, qu'il condamne les politiques antisociales dictées par le FMI
et l'OMC, jugées responsables de la dégradation des conditions de vie de larges
couches populaires au Maghreb et en Europe.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ziad Salah
Source : www.lequotidien-oran.com