Alger - A la une

Le réquisitoire de Louisa Hanoune



La secrétaire générale du Parti des travailleurs n'en démord décidément pas, elle qui poursuit de pourfendre le pouvoir en place l'accusant de mettre à profit la crise sanitaire induite par la pandémie de coronavirus pour mener le pays à une «véritable descente aux enfers» et pas dans une «Nouvelle Algérie».M. Kebci - Alger (Le Soir) - Louisa Hanoune, qui intervenait, hier samedi, à l'ouverture d'une réunion de la commission des travailleurs du parti, a entamé son réquisitoire en doutant de la décrue considérable des contaminations à la Covid-19, enregistrée ces derniers jours qui, selon elle, ne correspond pas à la réalité. Une réalité faite, poursuit-elle, d'une véritable «hécatombe» pas que dans les grandes villes mais également dans les villes de l'intérieur du pays dont les chiffres sont loin de ceux communiqués officiellement. Ceci en raison, expliquera-t-elle, du manque criant de moyens de prévention qui sont dérisoires, se fiant à un reportage diffusé le matin même sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale, qui parle d'hôpitaux qui seraient en «grands dangers», citant le cas de l'hôpital de Beni Messous dont 60% des personnels médicaux et paramédicaux seraient atteints de la Covid-19. Elle estimera, dans la foulée, que la «responsabilité de l'Etat est entièrement engagée en matière de moyens de prévention et de santé publique». Et de faire le lien avec le «pseudo-confinement» comme elle le qualifie puisque, selon elle, le pouvoir l'a exploité pour mener des «pratiques qui ne diffèrent en rien de celles du pouvoir déchu sous la force du mouvement populaire du 22 février 2019». Des pratiques qui ont engendré une «situation terrifiante» avec des «dangers qui guettent les travailleurs et le tissu social du pays». «C'est ça l'Algérie nouvelle, nous y sommes. Une Algérie nouvelle en rupture avec l'Algérie des 1 500 000 martyrs, avec les idéaux du 1er Novembre 1954, avec les sacrifices du peuple algérien et en contradiction avec les aspirations des générations postindépendance.»
La secrétaire générale du PT appuiera son réquisitoire par un argumentaire «chiffré». Avec, selon elle, se fiant à des études et des sondages effectués par des experts et des bureaux d'études crédibles, près de 50% des travailleurs permanents qui sont complètement à l'arrêt ou ne perçoivent que partiellement leurs mensualités, près de 63% des travailleurs indépendants (commerce, services, artisanat, élevage, agriculture,...) qui sont dans la même situation.
Du beau monde qui vient, ainsi, grossir les rangs des chômeurs auxquels il faudrait également ajouter 38,8% des salariés du secteur public et 68,5% de ceux du secteur privé, en sus des travailleurs occasionnels nombreux à perdre leurs maigres revenus.
Pour Hanoune qui dit «ne pas comprendre le maintien de l'arrêt du transport de voyageurs interwilayas, situation qui, selon elle, profite aux clandestins dont le nombre a explosé et avec des tarifs prohibitifs», ce tableau de bord met en relief une véritable «tragédie, voire un «crime contre la majorité du peuple», elle qui n'omet pas de mentionner l'hémorragie enregistrée au niveau de bien d'entreprises publiques, citant l'ADE (Algérienne des eaux) ou encore la Sonelgaz dont le taux de recouvrement des créances est faramineux.
Avertissant contre toute éventuelle cession annoncée de la société du transport aérien locale à un partenaire émirati comme c'est susurré ici et là, estimant que cela constituerait une «provocation à impact grave», la secrétaire générale du PT fera remarquer que contrairement à ce qui est déclaré, la loi de finances pour l'année prochaine est truffée d'augmentations des taxes, notamment celles de l'eau, de l'électricité et du carburant. Ce qui, selon elle, constitue un «danger sur la Nation». Des carburants qui ont déjà connu cette année une augmentation de 25%, ce qui, rappellera-t-elle, n'a pas été possible en 1998 puisque, «à cette époque où les réserves de change frôlaient seulement 5 milliards de dollars, les députés avaient refusé une augmentation de un dinar».
M. K.
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