Alger - Revue de Presse

Le représentant du ministère public au cours du procès de la BCIA



«Une toile d’araignée tissée pour détourner l’argent public» Le réquisitoire du représentant du ministère public a été entamé hier. Lors de son intervention, le procureur est revenu sur l’ensemble des chefs d’inculpation retenus contre les mis en cause que l’arrêt de renvoi divise en trois groupes. Le directeur de l’agence de la BEA ‘Yougoslavie’ Adda larbi et quatre autres responsables au niveau de la banque BEA (Lotfi Mohamed, Bettayeb Mohamed, Benyettou Nacer et Boukhatem Saïd Karim) qui devront répondre de dilapidation de deniers public, ceux qui ne sont poursuivis que de complicité dans cette manœuvre, et enfin un inculpé accusé de faux. Le représentant du ministère public reviendra en détail sur le déroulement de cette affaire, décortiquant tout ce dossier qui a pratiquement tenu en haleine les citoyens pendant près d’un mois. Il dira que «c’est toute une toile d’araignée qui a été tissée avec des complicités de part et d’autre. Ces gens-là n’avaient qu’un seul objectif: dilapider les deniers d’une institution publique, faisant ainsi de la BEA leur victime.» «Le patron de la BCIA a profité, ajoutera-t-il, de l’ouverture de marché qui s’est faite en 1998, pour lancer la Banque de commerce et d’industrie algérienne (BCIA). Mais ce dernier ternira vite son rôle, et sera de ce fait écarté de la direction générale de la BCIA pour une histoire de bons de caisse, dont le scénario est identique à celui des traites ayant dépassé leurs échéances. La stratégie de la banque ne changera pas pour autant par la suite, ce que confirmera le directeur de la BCIA d’Alger le jour de son audition.» «Plus grave encore, rappellera-t-il, pour plaider sa cause auprès du gouverneur de la Banque d’Algérie après sa mise à l’écart, le patron de la BCIA, Ahmed Kharoubi, demandera explicitement à ce dernier de ne pas condamner les gestionnaires de la BCIA, avançant à cet effet leur manque d’expérience dans la gestion bancaire.» Par ailleurs, le procureur reviendra sur la conduite de certains commerçants qui se sont retrouvés avec des chèques sans provision tels Ahmed Fouatih Belkacem et Addou Samir, ce qui leur a valu de se voir retirer leurs chéquiers. «L’alternative des traites avalisées par la BCIA et escomptées à la BEA, sera vite adoptée par ces derniers, rappellera-t-il, créant ainsi une véritable hémorragie au niveau de cette dernière. Ils recourront également aux prête-noms en appâtant de petits commerçants. La solution fut très simple: louer leurs registres de commerce en contrepartie d’une signature sur une traite. Alors que certains se sont contentés de ce qu’on leur donnait, d’autres négocieront leur bail et arriveront à amasser, en l’espace de quelques mois, plusieurs centaines de millions, comme ce fut le cas du prévenu Billak.» Revenant sur la conduite du directeur de l’agence de la BEA ‘Yougoslavie’ depuis sa nomination en 2000, le représentant du ministère public dira que «l’opération de l’escompte des traites prendra de l’ampleur, avant d’aboutir, en mai 2003, au clash que l’on connaît. Entre-temps, un vrai mécanisme a été mis en place par les auteurs impliqués dans ce litige et qui présenteront des remises d’effets de courte durée (inférieure à un mois). Traités sous le caractère d’effets brûlants, cela leur évitait un enregistrement sur les fiches ‘risques tireurs’ et, de ce fait, ils bénéficiaient d’un traitement de chèques pris à l’escompte.» Le procureur ne manquera pas également de mettre en exergue le nombre de traites dont a bénéficié chaque client. A titre d’exemple, il citera Ahmed Fouatih Belkacem dont le nombre de traites a atteint les 1288, avec une valeur globale de plus de 46 milliards de centimes. Seules 242 d’entre elles ont été remboursées. Addou Samir, considéré comme l’un des planificateurs de toute cette histoire, a, quant à lui, profité de 580 traites d’un montant global de 68 milliards de centimes.» En fin d’après-midi, les avocats de la défense ont demandé à ce que le réquisitoire se poursuive, ce que refusera le procureur. Après suspension de l’audience, le président décidera que les plaidoiries se poursuivront aujourd’hui. Hasna Yellès
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