Le satisfecit du ministère du commerce relatif à un accord à l'arraché sur le report de la date butoir du démantèlement tarifaire avec l'UE à l'horizon 2020 n'est pas vraiment une bonne nouvelle pour les consommateurs algériens. L'accord qui entraine un rétablissement partiel des droits de douanes sur une période de 4 ans aura pour effet de rendre plus cher leur voiture, leur cuisinière ou leur chauffe-eau.
Derrière le langage technique de ces négociations ressortent les positions tarifaires qui ont fait l'objet de dures négociations, et que l'Algérie a réussi à obtenir. Entre 2010 et 2016, le démantèlement tarifaire devait se faire progressivement, de 18% (en 2010) à 0% en 2016, année de fin des droits de douane entre les deux ensembles, en prélude au démantèlement tarifaire prévu initialement pour 2017. L'accord obtenu par l'Algérie en vertu de la clause de souveraineté va de fait rétablir les droits de douanes sur certains produits électriques, électroménagers, les voitures et pièces détachées. C'est dans le détail du volet industriel que se nichait le ''diable'' avec la révision de deux grandes listes de produits. La première liste dont le démantèlement initial était prévu pour septembre 2012 porte sur 1058 positions tarifaires originaires de l'UE. Pour Alger, c'est une liste de produits sensibles dont les droits de douane vont être partiellement rétablis et dont le démantèlement global est prévu pour 2016. Il s'agit notamment des voitures et pièces de rechange, les moteurs et transformateurs électriques, les groupes électrogènes, les piles et produits similaires, les chauffes eau à gaz, poste téléphonique.
Plus chers lave-vaisselles et cuisinières
Une autre liste de 185 positions tarifaires est concernée par cette disposition. On y retrouve notamment les appareils de réfrigération, de congélation, les cuisinières, lave vaisselle, chauffe eau et de petits électroménagers. La seconde liste de produits industriels porte sur 174 positions tarifaires qui bénéficieront d'un rétablissement partiel de droit de douanes et d'un délai supplémentaire de trois ans pour son démantèlement, qui sera reporté à 2020 au lieu de 2017. Il s'agit des produits de peintures et vernis, shampoings, articles de transport ou d'emballage en matière plastiques et carton, marbres céramiques, robinetterie et meuble en bois. Dans la même disposition, les cosmétiques, le papier, les tissus, les vêtements, les chaussures, les tapis, la vaisselle, les climatiseurs, ordinateurs et produits audio sont également concernés par un rétablissement partiel sur trois ans du démantèlement tarifaire. En clair, il y aura de la surchauffe dans l'air dans les prochains mois pour l'ensemble des ces produits, importés principalement d'Europe, mais également de Chine. L'accord d'association entre l'Algérie et l'UE a été signé en 2002 et entré vigueur en 2005. Alger avait demandé et obtenu le report du démantèlement tarifaire pour protéger son industrie et son agriculture, qui ne peuvent soutenir une forte concurrence des produits communautaires. Globalement, Alger estime à 2,5 milliards de dollars de pertes en droits de douanes chaque année dans le cas du maintien de clauses de l'accord d'association dans son chapitre relatif aux tarifs douaniers.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Boualem Alami
Source : www.maghrebemergent.info