Le prix du ciment s'envole sur le marché algérien. D'où un recours massif aux importations, devenu inévitable. Le président de l'UGEA, Abdelmadjid Dennouni, suggère de défiscaliser l'opération, et de contraindre les grandes entreprises à y recourir.
Le recours à l'importation est inévitable pour répondre à la demande du marché algérien en ciment, a déclaré ce dimanche M. Abdelmadjid Dennouni, président de l'Union générale des entrepreneurs algériens du bâtiment (UGEA). Au cours d'une émission de radio, M. Denouni a indiqué que le déficit est de l'ordre de 3 millions de tonnes. «La production nationale des cimenteries publiques GICA est de l'ordre de 11,5 millions de tonnes par an et celle des deux cimenteries de Lafarge est 7,5 millions de tonnes. L'offre est donc de 18 millions de tonnes, tandis que la demande dépasse les 21 millions de tonnes», a-t-il indiqué.
La demande sur le marché du ciment a enregistré une forte hausse ces dernières semaines, entrainant les prix vers haut. Les prix ont atteint sur le marché noir près de 1.000 dinars le sac de 50 kg. Cette forte tension sur le ciment est due essentiellement, selon M. Dennouni, à la relance des chantiers suspendus durant la période hivernale, et à l'arrêt de quelques cimenteries à travers le pays pour maintenance durant la période allant de janvier à juin. Il aussi mis en cause les grandes entreprises, nationales ou étrangères, en charge des grands projets. Celles-ci « s'approvisionnent auprès des cimenteries publiques pour acheter le sac de ciment à 300 dinars, alors qu'elles ont soumissionné sur leurs cahiers de charges sur la base du ciment importé». Leur démarche contribue à maintenir la tension sur le ciment.
Obliger les entreprises de grande taille à importer
Pour remédier à la rareté du ciment sur le marché algérien, ce qui pénalise en premier lieu les particuliers et les PME, M. Dennouni suggère d'obliger les entreprises de grande taille, en charge des projets structurants, à s'approvisionner sur le marché international pour leur consommation en ciment. Leurs besoins sont évalués par M. Denouni à deux millions de tonnes annuellement. « Nous aurons ainsi une marge de près de deux millions de tonnes, qui permettra aux PME algériennes de s'approvisionner correctement », afin de mener à bon port les projets de bâtiment.
Le président de l'UGEA suggère de défiscaliser les opérations d'importation. Il a précisé que cette solution serait provisoire, en attendant la réalisation du plan du gouvernement concernant l'augmentation des capacités de production nationale. « Le gouvernement va lancer un vaste programme d'investissement de construction de cimenteries, qui va porter les capacités actuelles à 23 ou 24 millions de tonnes aux horizons 2015 et 2016, et la demande nationale ne dépassera pas les 21 millions de tonnes. Il y aura un supplément de production qu'on ne pourra vendre, vue la crise économique actuelle dans le monde », a-t-il dit.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aymen Zitouni
Source : www.maghrebemergent.info