Les pays Maghrébins veulent relancer leur Union, en dépit des clivages politiques qui ont fait que l'UMA reste, plus de 20 ans après sa naissance, une coquille vide. C'est en tout cas la mission dévolue aux chefs de la diplomatie des cinq pays de l'UMA, qui planchent samedi à Rabat sur l'ordre du jour à soumettre au prochain sommet.
Jamais depuis sa naissance en 1989 à Marrakech (sud du Maroc), les responsables politiques des cinq pays maghrébins n'ont affiché une volonté si forte de redynamiser l'Union du Maghreb Arabe (UMA). Une si soudaine envie de rapprochement entre ces pays ne serait pas, en fait, étrangère aux vents du changement qui soufflent sur le Maghreb depuis la fin 2010.
Entre février 2012 et décembre 2010, il y a en réalité un gouffre politique et événementiel. La Révolution de Jasmin en Tunisie a fait ''dégager'' le président Zine El Abidine Benali. La révolution du 17 février en Libye a coûté la vie au guide Mouammar El Gueddafi. Au Maroc, une nouvelle Constitution a été votée fin 2011 sous la pression de la rue. En Algérie, des élections législatives ''plus ouvertes'' sont prévues en mai prochain.
Tous ces événements ont pesé de tout leur poids sur les dirigeants maghrébins, nouveaux et anciens, pour qu'ils se mettent autour d'une même table afin de relancer durablement l'Union régionale.
A Rabat, les ministres des affaires étrangères des cinq pays de l'UMA doivent plancher sur l'ordre du jour du sommet maghrébin auquel avait appelé de tous ses v'ux le président tunisien, Moncef Marzouki lors de sa tournée dans la région la semaine dernière.
Sur le plan politique, les principaux dirigeants maghrébins ont pratiquement donné leur feu vert à ce sommet. Au ''j'espère que 2012 sera l'année de l'UMA", ont répliqué tour à tour le président Abdelaziz Bouteflika selon lequel ''la réalisation de l'unité maghrébine (...) est devenue une nécessité vitale''. Le souverain marocain, Mohamed VI, a appelé de son côté à la création d'un "nouvel ordre maghrébin''.
Alger-Rabat : feux au vert
Le soudain réchauffement des relations entre Alger et Rabat a en fait redonné plus de crédibilité aux tenants d'un renouveau de l'UMA. La multiplication des gestes d'apaisement entre les deux capitales est perçue comme un signe évident que les deux pays veulent contourner leur différend sur le Sahara Occidental.
A l'issue d'une réunion vendredi soir à Rabat, les ministres algérien et marocain des affaires étrangères ont affiché la volonté commune de leurs pays d'activer l'UMA, "à la lumière de grands changements qu'a connu la région aux plans politique et démocratique", rapporte l'agence officielle MAP. Suffisant pour relancer le débat sur de nouvelles retrouvailles algéro-marocaines, ''sésame'' de la relance des activités de l'UMA.
Une union qui devait créer une zone de libre échange avec plus de 100 millions de consommateurs et, surtout, développer l'économie des pays membres et le commerce intra régional. Pour l'instant, le Non-Maghreb coûte annuellement deux points de croissance du PIB aux pays de la région.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Merouane Korso
Source : www.maghrebemergent.info