Alger - Revue de Presse

Le RCD dénonce le parti pris de Bouteflika



La décision présidentielle d'engager l'Algérie dans le projet Desertec a suscité une vive réaction de la part du RCD. Le parti de Saïd Sadi dénonce en premier lieu la manière avec laquelle la décision a été prise, «sans débat ni concertation». «Rejeté dans un premier temps pour des considérations démagogiques, une proposition concernant notre développement durable, c'est-à-dire l'avenir national, il est adopté de façon impromptue, sans débat ni concertation», a précisé le RCD dans un communiqué rendu public hier. Le parti de Sadi estime que le président de la République n'a pas le droit d'engager, seul, toute une nation dans un projet des plus coûteux sans solliciterl'avis des principaux acteurs politiques et économiques du pays. Il explique ainsi que l'engagement du chef de l'Etat en personne dans la gestion de ce chantier pose problème, ne serait-ce que parce qu'il ne permet pas de recul en cas de nécessité.
Le RCD estime qu'il aurait été plus judicieux de «laisser intervenir Sonatrach et Sonelgaz, à l'instar du groupe Cevita déjà associé au projet, pour négocier au mieux les intérêts algériens dans un programme avoisinant les 400 milliards d'euros». Annoncé en grande pompe par le chef de l'Etat à  Berlin, l'engagement de l'Algérie dans ce mégaprojet, initié par un consortium allemand, est considéré par le RCD «à la fois inopportun et contre-productif». Pour le RCD, le chef de l'Etat cache mal sa volonté de surpolitiser la position de l'Algérie, «ce qui n'est bon ni pour la crédibilité des entreprises nationales appelées à  s'impliquer dans le montage de ce méga chantier ni rassurant pour des partenaires étrangers, soucieux de pouvoir gérer dans la transparence et avec des vis-à-vis prévisibles leur participation à  travers notamment leur apport technologique et financier». Aussi, ce parti de l'opposition décèle en ce brusque et néanmoins étonnant changement dans la position algérienne vis-à-vis de ce projet, jugé il y a quelques mois chimérique et trop coûteux, une tentative de l'Algérie de jouer des luttes d'influence.
Un jeu qui risque, de l'avis du RCD, de s'avérer plutôt préjudiciable pour la diplomatie algérienne.
Le RCD trouve également cet engagement au plus haut niveau de l'Etat dans le projet Desertec comme une façon pour l'Algérie de se démarquer de l'autre projet du même genre, mais initié par les Français, à  savoir le Plan solaire méditerranéen (PSM). Aux yeux de la formation de Sadi, cela peut «signifier que le récent réchauffement observé entre Paris et Alger n'était qu'une pause».
Le RCD regrette ainsi que le chef de l'Etat ait impliqué l'Algérie dans des querelles franco-allemandes dans lesquelles, il aurait été préférable pour «nous de garder nos distances (…)». «Le couple franco-allemand est le moteur de l'Europe ; quels que soient leurs turbulences actuelles, les deux pays, par tradition et par intérêt, finiront par trouver le meilleur compromis pour s'engager solidairement dans le traitement d'un sujet vital pour leur sécurité énergétique», met-il en garde. Pour le RCD, «instrumentaliser de façon aussi opportuniste notre destin énergétique avec ce que cela suppose comme conséquences politiques, économiques et sécuritaires est pour le moins irresponsable».
 
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