Alger - A la une

Le rassemblement des greffiers devant la présidence de la République empêché



Les greffiers d'Alger maintenaient hier leur mouvement de protestation entamé depuis plus d'une semaine pour réclamer la satisfaction de leurs revendications socioprofessionnelles, mais le ministère de la Justice n'a pas encore pris en considération leur requête.
Après les sit-in tenus devant le tribunal Abane-Ramdane, jugés «non concluants», les greffiers ont tenté hier de se rassembler devant le siège de la présidence de la République pour porter au plus haut niveau leurs doléances. Ils comptaient aussi exprimer leur «ras-le-bol» quant à la fuite en avant des pouvoirs publics, mais en vain, puisque le regroupement a été empêché par les services de sécurité qui ont quadrillé tôt le matin le quartier et les alentours de la présidence.
Un dispositif de sécurité important a été déployé pour la circonstance et les greffiers ont été interdits d'accès. Un contrôle et une fouille minutieuse ont été instaurés et tous les greffiers ont été interpellés même à bord des bus en direction de la présidence. Les protestataires ont été, par la suite, conduits à l'hôpital pour un examen médical avant d'être placés en garde à vue.
«C'est intolérable et inadmissible de la part des autorités, on nous traite comme des délinquants alors qu'on ne fait que demander nos droits», s'indigne une greffière. Ne lâchant pas prise, ils décident de réunir leur commission de travail pour établir le bilan de leurs acquis et de ce qui reste à satisfaire. Les greffiers arrêtés dont le nombre dépasse largement la dizaine ont été relâchés en fin d'après- midi, selon la même greffière. Pour évaluer les conséquences de cette grève sur les citoyens, nous nous sommes rendus dans quelques tribunaux d'Alger. Au niveau du tribunal Abane- Ramdane,
il n'y avait aucun greffier en fonction et les citoyens qui désiraient obtenir un document juridique étaient réorientés à l'entrée vers le tribunal du Ruisseau ou celui d'El Harrach. Au niveau de ces tribunaux, le service minimum était assuré mais avec une grande affluence. Pour l'établissement d'un casier judiciaire, c'était le tribunal du Ruisseau alors que la nationalité a été assurée par le tribunal d'El Harrach. Au tribunal du Ruisseau, une file interminable s'était formée et des citoyens venus des quatre coins de la capitale attendaient désespérément leurs documents.
Le tribunal de Saïd-Hamdine a été désigné pour traiter les affaires relatives aux petites contraventions vu que les greffiers n'ont pas rédigé les procès-verbaux des cas de délits et de crimes. Toutes les affaires juridiques ont été reportées à des dates ultérieures ouvertes dans le temps, puisque jusqu'à hier, la grève s'inscrivait dans la durée. Le ministère de la Justice avait menacé, dans un communiqué, les greffiers grévistes de licenciement et de les remplacer par des candidats du préemploi.
Cette information est considérée comme une intimidation par les greffiers dont l'un nous a indiqué que le recrutement se fait par un appel d'offres pour concours. A l'issue de l'examen, 20% des lauréats sont admis à suivre un stage d'une année au bout duquel ils obtiendront un diplôme et pourront prêter serment. «Comment la tutelle compte-t-elle organiser un concours dans des délais aussi brefs et remplacer 2000 greffiers ' c'est uniquement des intimidations et ça ne nous impressionne pas», nous dira ce greffier.


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