L'ONG International Crisis Group a diffusé un rapport plutôt alarmant concernant les finances publiques. Le groupe qui produit des analyses anticipatrices prévoit donc une crise économique risquant de se profiler dès 2019.Nedjma Merabet - Alger (Le Soir) - Le centre d'analyse rappelle inlassablement la dépendance de l'économie algérienne au marché des hydrocarbures, et la nécessité de diversifier l'économie nationale, tout en insistant sur la timidité et la lenteur du régime à procéder à des réformes.
La balance budgétaire a penché vers le déficit depuis la chute des prix des hydrocarbures, et ne réussit cependant pas à se rétablir malgré une hausse récente de ces prix, une politique de coupe budgétaire et de réduction des importations.
Le rapport, intitulé «Surmonter la paralysie économique en Algérie», estime que les autorités peinent à procéder à des réformes économiques profondes, du fait des blocages politiques en cours, mais également dans la crainte suscitée par le souvenir des années 1990.
Le rapport estime également que les jeunes générations n'opposeront aucune contestation face à la montée des prix de première nécessité, ceux-ci n'ayant pas le souvenir de ladite période de «guerre civile» ! Ce qui témoigne d'une méconnaissance profonde du cas de l'Algérie, en attestent les émeutes dites de «l'huile et du sucre» de 2011.
Crisis Group encourage également les autorités à réduire sensiblement les dépenses dues aux subventions des produits de
base ; ce qui est déjà en application avec l'augmentation des taxes sur les carburants. Ce que ne dit pas le rapport, du moins dans ce qui en est rapporté par la presse, c'est que le gouvernement procède à des réformes, mais qui lui sont propres. Outre le fait de désigner l'ancien directeur général des impôts, Abderrahmane Raouya, comme ministre des Finances, en remplacement de Benkhalfa, ancien de la Banque mondiale et de Goldman Sachs, il faut se souvenir de l'initiative de l'emprunt obligataire, même s'il n'a pas constitué un succès probant (seulement 700 milliards de dinars ont été récoltés par les établissements bancaires).
Malgré la critique qu'elle a pu susciter, «la planche à billets» s'inscrit également dans le cadre des mesures à prendre pour l'équilibre macro-économique. La politique décidée témoigne plutôt d'une frilosité, voire d'un traumatisme chez l'administration algérienne à recourir à l'endettement extérieur.
A ce propos, il a été décidé et déclaré récemment que les billets de 500, 1 000 et les pièces de 100 da seront remplacés par de nouvelles coupures. Ceci atteste d'une volonté de bancariser les liquidités du circuit informel.
Une façon comme une autre de renflouer les caisses de l'Etat, en attendant une hausse plus sensible de la production et de l'exportation hors hydrocarbures.
N. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nedjma Merabet
Source : www.lesoirdalgerie.com