Veut-on décapiter le Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) ' Après l'emprisonnement du fondateur de l'association, Hakim Addad, le 4 octobre 2019, puis 6 jours plus tard, soit le 10 octobre, celui de son président, Abdelwahab Fersaoui, c'est au tour du secrétaire général du RAJ, Fouad Ouicher, d'être arrêté, vendredi 22 novembre, en compagnie de Saïda Deffeur, militante du comité de l'association à Tizi Ouzou.En tout, ce sont 9 militants actifs du RAJ qui sont sous les verrous. Question : pourquoi cet acharnement des autorités sur une association agréée et menant des activités légales ' Pour la politologue Louisa Dris-Aït Hamadouche, l'objectif visé par les tenants du pouvoir est d'empêcher l'émergence d'acteurs "organisés" et "structurés" à même de donner de la "pérennité" à l'action politique. "De façon générale, la stratégie des gouvernants a toujours été d'empêcher l'émergence d'acteurs organisés, structurés, qui puissent donner à l'action sociale et politique la pérennité qui lui est indispensable", a-t-elle expliqué.
Et d'enchaîner : "Or, l'institutionnalisation de ce type d'actions a besoin d'acteurs organisés, présents sur le terrain et capables d'apporter une plus-value. Aujourd'hui, cette stratégie s'intensifie et emploie des instruments très répressifs qui n'existaient pas auparavant." En fait, Abdelwahab Fersaoui et ses amis sont dans le collimateur des gouvernants pour leur autonomie et leur grande implication dans le mouvement populaire.
"À l'heure actuelle, les acteurs autonomes ne sont même plus tolérés comme ils l'étaient auparavant. Quant aux acteurs autonomes qui, de surcroît, sont présents dans le soulèvement populaire et sont porteurs d'alternatives, ils se retrouvent particulièrement ciblés par les vagues d'arrestations qui traduisent une forte crispation autoritaire", a analysé la politologue.
Pour Saïd Salhi, militant engagé et vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (Laddh), aile Hocine Zehouane, les arrestations des dirigeants et des militants du RAJ sont "incompréhensibles et injustifiées" et participent d'un "acharnement" des autorités. "Les arrestations ciblées et systématiques contre les militants du RAJ à Alger sont incompréhensibles et injustifiées.
Il y a une volonté manifeste de décapiter une association agréée et légale", a-t-il soutenu. Et de poursuivre : "Nous assistons à un acharnement contre les membres du RAJ dont neuf sont déjà en prison, rejoints aujourd'hui par le secrétaire général de l'association." Selon M. Salhi, ce n'est pas l'association RAJ, à elle seule, qui est visée, mais toute la société civile autonome qui, depuis le 22 février 2019, milite de toutes ses forces pour "une solution politique et pacifique à la crise".
"À travers cet acharnement, ce n'est pas seulement l'association qui est visée, mais toute la société civile autonome qui, jusque-là, tente d'honorer son mandat de médiation, de débat citoyen, de proposition pour une solution politique et pacifique à la crise", a-t-il expliqué, avant d'enchaîner : "Faire taire les voix de la médiation, comme celle de Fersaoui, c'est pousser au pourrissement et ouvrir la voie au chaos." "Les poursuites contre le RAJ doivent cesser", réclame le militant des droits de l'Homme.
Arab C.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arab CHIH
Source : www.liberte-algerie.com