Depuis plusieurs mois, le gouvernement ne cesse d'affirmer sa volonté de relancer l'industrie du pays. Un discours auquel le Parti des travailleurs (PT) ne croit pas, estimant qu'au contraire, le gouvernement menace de liquider ce qui en reste.Karim Aimeur - Alger (Le Soir) - Pour le PT, la politique du gouvernement menace de liquidation ce qui reste de l'industrie nationale et programme le pillage des ressources financières du pays par l'octroi de crédits et les exonérations fiscales et du foncier, c'est-à-dire le patrimoine public.
«C'est cette même politique qui de 2000 à 2008, puis à partir de 2014, a légalisé la prédation locale et étrangère, ruiné le pays», a lancé, hier vendredi, la secrétaire générale du parti, Louisa Hanoune, dans son discours d'ouverture de la réunion ordinaire du Comité central du PT.
Aussi, Mme Hanoune soutient que le gouvernement, bien qu'ayant reconnu que l'accord d'association avec l'UE n'a bénéficié qu'aux produits européens, au détriment de la production nationale qui n'a pu accéder au marché européen, n'a nullement l'intention de libérer notre pays de cet accord «compradore».
Elle en veut pour preuve les dernières annonces du gouvernement concernant le retour à l'importation de kits utilisés dans le montage automobile à la demande de l'UE et les déclarations de responsables à propos de nouvelles négociations pour un prétendu bon accord.
«Pire encore, des voix dans le gouvernement remettent à l'ordre du jour la question de l'entrée dans l'OMC avec son lot de désertification totale industrielle agricole et dans les services au profit des produits de tous les pays membres, ceux de l'UE inclus», a-t-elle ajouté, en mettant en garde contre de telles politiques.
Sur le plan social, la patronne du PT a regretté qu'en 2021 qui tire à sa fin, la flambée meurtrière des prix des produits de large consommation, qui a atteint des niveaux inégalés depuis août dernier (jusqu'à 300%), a porté le coup de grâce à un pouvoir d'achat déjà laminé. Elle a expliqué que le recul drastique de la consommation alimente la spirale de la récession, provoquant des faillites en cascade, et plonge commerçants et ménages dans la détresse.
«Désormais, les signes extérieurs de la misère sont très violents : l'explosion de la mendicité, de la violence urbaine, des expressions de la décomposition sociale et l'explosion du drame de la harga témoignent de la détresse qui s'installe, y compris parmi les diplômés des universités et les cadres», a-t-elle dit, ajoutant que «devant cette descente aux enfers, des experts évaluent à 150 000 DA le salaire moyen permettant une vie décente pour une famille moyenne composée de 5 membres».
Soulignant que, selon les critères de la Banque mondiale, le seuil de pauvreté pour une famille algérienne composée de 5 membres est d'environ 60 000 DA mois, l'oratrice a affirmé que la majorité des salariés perçoit moins de 35 000 DA mois, et le salaire moyen ne dépasse pas 42 000 DA par mois, alors que des millions de familles survivent avec moins de 20 000 DA par mois et que des dizaines de milliers de salariés du filet social (AFS), surexploités dans les administrations, perçoivent 5 000 DA/mois pour certains depuis près de 3 décennies.
K. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Aimeur
Source : www.lesoirdalgerie.com