
En débat depuis quelques années chez nous, la veille stratégique institutionnelle est toujours au stade du concept. Car si ce système venait à être mis en place, il permettrait à chaque institution de saisir les signaux faibles des changements qui s'opèrent dans l'environnement politique, économique et social, entre autres. En clair, cet outil éviterait les chocs qui peuvent survenir par la prévision et l'anticipation des menaces. « Nous sommes toujours en phase de sensibilisation pour l'introduction de ce concept dans nos institutions », a souligné, hier à Alger, Bachir Messaitfa, secrétaire d'Etat chargé de la Prospective et des Statistiques, à l'occasion d'un atelier international sur la veille stratégique institutionnelle. Pour M. Messaitfa, ce système évitera à notre économie, notamment de se retrouver sans défense face aux aléas des prix du pétrole ou ceux des produits alimentaires. « Cette veille stratégique permettra aussi de concrétiser le rapprochement entre l'université et l'entreprise, l'université et l'institution et ce, via une plate-forme transversale et intersectorielle au service de l'intelligence économique », précise-t-il, en annonçant la mise en place, au niveau de son département, d'une sous-direction de veille stratégique institutionnelle. Il s'agit maintenant de généraliser ce procédé au niveau de toutes les institutions, y compris au sein des universités. « Cette sous-direction met toutes ses compétences à la disposition de ces institutions », dit-il, lors de cet atelier, organisé avec le concours de la commission européenne, en espérant que ces cellules de veille commenceront à être installées avant la fin de l'année prochaine. Pour cela, il faut une formation et des compétences. Des compétences nécessaires, explique Philippe Clerc, expert français dans l'intelligence économique, « car il s'agit de mettre en ordre des stratégies, une vision politique, économique, avec la mise en place de réseaux d'information, y compris dans la société civile ». Aussi, il faut « mobiliser toutes les intelligences de la société civile, des entreprises, de la sphère politique, des administrations pour tenter de résoudre les problèmes auxquels fait face le pays », explique-t-il, tout en relevant que ces compétences, très spécifiques, personne ne les a vraiment. « En France, par exemple, nous sommes encore dans la phase de formation, mais les compétences existent dans les universités, les associations, les entreprises, l'administration... Il faut juste les former de manière continue. Autrement dit, renouveler leur formation en permanence », conclut-il.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farida Belkhiri
Source : www.horizons-dz.com