Le projet de loi sur les professions d'expert-comptable, de commissaire
aux comptes et de comptable agréé sera examiné aujourd'hui en séance plénière à
l'APN.
Les députés devront plancher sur un texte élaboré pour «redonner au
ministère des Finances la main sur un secteur par où transitent des milliers de
transactions….», estime un expert- comptable. Le texte prévoit notamment une
organisation de la profession en proposant la création de trois catégories
professionnelles: un Ordre des experts-comptables, une Chambre nationale des
commissaires aux comptes et une Organisation nationale des comptables agréés.
Bien entendu, ces structures professionnelles seront placées sous la tutelle du
ministre des Finances selon le projet, le Conseil national de la comptabilité
et par ses représentants nommés auprès des différents conseils professionnels.
Ce projet de loi «devrait mettre
de l'ordre dans l'exercice de ces activités» selon MM. Rachid Moussaoui et
Abdelkader Benterki, respectivement directeur de la modernisation et de la
normalisation comptable au ministère des Finances et secrétaire général du
Conseil national de la comptabilité (CNC), cités par l'APS. Selon eux, «les
insuffisances entravant ces professions se résument dans les modalités de
délivrance des agréments, qui ne se font pas actuellement sur la base de
critères scientifiques et le manque de formation permettant de hisser les
experts-comptables, les commissaires aux comptes et les comptables agréés au
niveau des mutations que connaissent à la fois le pays et le monde». Le futur
dispositif juridique est «clair» en visant notamment la réorganisation de
l'exercice de la profession comptable, régie pendant presque vingt ans par la
loi 91-08 «qui a montré toutes ses limites dans la conduite et l'accompagnement
des changements intervenus dans la sphère économique et dans la profession
comptable sur le plan international», estiment-ils.
L'autre intérêt de ce texte est
d'être plus conforme au nouveau système comptable et financier national, entré
en vigueur le 1er janvier 2010, à travers notamment l'organisation de cycles de
formation au profit des experts-comptables, des commissaires aux comptes et des
comptables agréés. Le texte proposé aux députés exige cependant que les
postulants à ces professions soient de nationalité algérienne, une exigence
incontournable pour «sécuriser et protéger l'économie nationale, avec ses deux
leviers à savoir les secteurs public et privé».
Par ailleurs, ce projet sera
accompagné par dix décrets exécutifs portant notamment sur la création d'une
commission ad hoc pour préparer les élections des trois catégories
professionnelles, les conditions et modalités d'agréments, la mission
d'exercice du commissaire aux comptes et la création d'un institut
d'enseignement spécialisé. Pour les initiateurs du projet de loi, «l'Etat
s'engage à assumer son rôle de régulateur et de contrôleur à travers notamment
la délivrance d'agréments sur la base du mérite et des compétences et le
financement de formation au bénéfice de ces professionnels». Il sera ainsi
question de créer une Ecole supérieure qui aura pour mission de former les
futurs experts- comptables, commissaires aux comptes et comptables agréés et de
recycler ceux déjà en exercice si nécessaire. Pour autant, dans ce projet de
loi, tout n'est pas «clair». Selon M.Cheikh Mohamed, député membre de la
commission juridique, ce projet de loi comporte de nombreuses contrevérités.
«Les initiateurs semblent être à court d'arguments pour justifier, par tous les
moyens, l'objectif caché de leur projet qui est essentiellement, l'ouverture de
la profession à l'exercice par les étrangers. Ainsi le fait de séparer les
corps de métiers en trois organisations, consiste à faire affaiblir cette
profession, ce qui constitue un des premiers pas dans la vulnérabilité et
l'affaiblissement de la profession qui devient ainsi un appât facile aux autres
professions dans le monde, ensuite le fait de ne pas avoir indiqué clairement
la nécessité d'unifier les corps et créer ainsi une grande force
d'experts-comptables. «Dès lors que le principe d'être Algérien est une
obligation pour bénéficier d'un agrément, pourquoi l'exposé des motifs fait
référence à l'adhésion de l'Algérie à l'OMC?», s'interroge M.Cheikh. Il est
clair que ce projet de loi tend à «museler» davantage cette profession, et
empêcher que des étrangers ne s'établissent en Algérie en prenant pied au sein
de cette profession. D'autant que le marché algérien, en s'ouvrant à
l'international, devient un terrain propice pour l'apparition de professionnels
de ce corps de métier, avec la filière très rentable de commissaires-priseurs,
commissaires aux comptes et experts- comptables. L'effectif des professionnels
de la comptabilité compte près de 4.000 membres dont 800 experts-comptables,
2.500 commissaires aux comptes et 650 comptables agréés, selon le dernier bilan
établi en 2006.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Yazid Alilat
Source : www.lequotidien-oran.com