Alger - Revue de Presse

Le projet de Gassi Touil devait se faire avec Repsol et Gas natural



Divorce annoncé entre Sonatrach et les Espagnols Des informations en provenance de diverses sources médiatiques espagnoles ont annoncé la résiliation d’un accord d’exploitation de gaz naturel, d’une valeur de 2 milliards de dollars, signé en 2004 par Sonatrach avec les sociétés Repsol YPF et Gas Natural. Cette décision a été annoncée lundi dernier, rapportent ces médias qui affirment que Sonatrach a, en effet, averti lundi soir l’autorité boursière espagnole (CNMV) qu’elle résiliait un contrat de 2 milliards de dollars signé en 2004 avec Repsol YPF et Gas Natural portant sur le mégaprojet de Gassi Touil. Pour le moment, la société nationale Sonatrach n’a émis aucun communiqué officiel. Ce qui est toutefois certain c’est que, juste après cette décision, les actions des deux groupes ont connu une baisse en bourse de plus de 1% chacune. Ce projet était destiné à alimenter en GNL le marché des Etats-Unis. Il prévoyait notamment la construction d’un méga-train de GNL à Arzew d’une capacité annuelle de 4.5 millions de tonnes. Au moment de la signature du contrat, Sonatrach avait une part de 20% dans le projet, Repsol YPF détenait 48% et Gas Natural, 32%. On ignore si la société nationale des hydrocarbures entend poursuivre le projet toute seule ou si elle prévoit de lancer un nouvel appel d’offres pour trouver de nouveaux partenaires. Les deux groupes espagnols ont réagi dès hier soir, via un communiqué de presse au ton très dur à l’égard de Sonatrach et du gouvernement algérien. Dénonçant des interventions politiques d’Alger dans Sonatrach, Repsol YPF et Gas Natural ont souligné qu’ils «regrettent et rejettent la décision de l’Algérie de s’approprier pour elle-même, illégitimement, le projet». Les groupes espagnols ont dit vouloir défendre leurs intérêts en soumettant la question à un arbitrage international, et avoir l’intention de demander des dommages et intérêts. Les valeurs de Gas Natural et de Repsol YPF baissaient sensiblement hier à la Bourse de Madrid, au lendemain de l’annonce par l’entreprise publique algérienne d’hydrocarbures Sonatrach de la rupture d’un important accord gazier avec les deux sociétés espagnoles. A 10h40, l’action de Gas Natural, le premier groupe gazier espagnol, reculait de 1,55% à 38,01 euros dans un marché en baisse de 0,49%. Le pétrolier Repsol YPF baissait, lui, de 0,95% à 26,20 euros. En 2004, Alger avait donné son accord pour la participation de Repsol YPF et Gas Natural à la création d’une société commune chargée de l’exploitation du site de Gassi Touil, un projet d’un investissement de 5,2 milliards d’euros sur 40 ans, dont 450 millions avaient déjà été dépensés. «La compagnie Sonatrach avait dénoncé le contrat du siècle d’exploitation des gisements de gaz de l’est du pays signé avec les compagnies espagnoles Repsol et Gas Natural» a communiqué hier le représentant de Repsol. «Le contrat d’un montant de 1,6 milliard d’euros, signé en novembre 2004 et résilié unilatéralement, prévoyait l’exploitation commune du gaz, son traitement et son exportation», a indiqué le représentant de la compagnie. Selon lui, «la résiliation du contrat, signé pour une période de trente ans et prévoyant la construction d’une usine de production de GNL, est illégale, c’est pourquoi les compagnies espagnoles ont l’intention de contester la décision d’Alger devant la cour internationale d’arbitrage». Le célèbre politologue espagnol, Cezar Vidal, a accusé le gouvernement espagnol de commettre des «bévues» sur la scène internationale. «L’Espagne a traditionnellement mené une politique équilibrée dans la région du Maghreb, malgré des relations difficiles avec le Maroc et l’Algérie, ce qui permettait d’entretenir des relations de bon voisinage avec l’ensemble des pays de la région, et notamment d’obtenir des contrats fructueux», a commenté Vidal. Il a fait remarquer que, ces dernières années, cet équilibre «a été rompu», suite au changement de cap pris par le gouvernement socialiste qui «s’est orienté vers un rapprochement unilatéral avec Rabat», ce qui a suscité, selon lui, le mécontentement des partenaires algériens. L’Algérie, sixième pays au monde pour les réserves de gaz naturel, est le principal fournisseur de l’Espagne en ce produit. Il s’agissait du premier contrat de ce type jamais accordé à une compagnie étrangère en Algérie et l’annulation intervient alors que l’Algérie a décidé, en juillet, de saisir les tribunaux espagnols et la Commission européenne au sujet d’un contentieux qui l’oppose à l’Espagne sur la part de gaz qu’elle a été autorisée à commercialiser dans un projet de gazoduc commun baptisé Medgaz. Said Farhi
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