Le procès de l'ancien ministre de la Justice Tayeb Louh et de Tarik-Noah Kouninef, le cadet de la fratrie éponyme, a été repoussé, hier, au 21 février par le pôle spécialisé du tribunal de Sidi M'hamed, à Alger.Dans ce dossier, l'ancien ministre de la Justice d'Abdelaziz Bouteflika est poursuivi pour "trafic d'influence" et "entrave au fonctionnement de la justice" pour avoir tenté d'influencer des juges dans l'affaire de Tarik-Noah Kouninef.
Le juge a donc accédé à la demande formulée par les deux principaux accusés, emprisonnés au centre pénitentiaire d'El-Harrach, qui sont apparus, hier, affaiblis. Tayeb Louh a ainsi demandé au juge de reporter l'audience car se disant "incapable" de comparaître.
Il a indiqué que sa santé ne lui permettait pas de se défendre. Beaucoup plus jeune que lui, Tarik-Noah Kouninef s'est dit lui aussi "incapable" de faire face au procès. Il est vrai que des signes de fatigue étaient visibles sur le visage des deux hommes.
Dans un premier temps, le juge a refusé d'ajourner le procès, à cause notamment de la grève des avocats, qui a paralysé les tribunaux durant deux semaines en janvier et qui a fait que les dossiers se sont accumulés. Mais devant l'insistance des prévenus et de leurs avocats, il a fini par céder.
Le procès, reporté une première fois au 24 janvier dernier, aura donc lieu le 21 février prochain.
Dans ce dossier, l'ancien garde des Sceaux est poursuivi pour avoir tenté d'empêcher une action en justice contre Tarik-Noah Kouninef, le cadet de la fratrie Kouninef, impliquée dans de nombreuses affaires de corruption. Ministre de la Justice lors des dernières années de règne de Bouteflika, Tayeb Louh avait arrêté une enquête pour fraude concernant le jeune homme d'affaires.
Alors que la cour de Mostaganem avait lancé une procédure contre le concerné pour notamment "refus de s'acquitter des taxes inhérentes à l'exploitation de fonciers publics obtenus dans le cadre de la concession dans le but de réaliser des projets d'investissement", le ministre serait intervenu pour bloquer le dossier. Même un mandat d'arrêt lancé contre l'entrepreneur aurait été "gelé" sur décision du ministre de la Justice d'alors.
Une fois le régime Bouteflika tombé, la justice a repris toutes les affaires escamotées. C'est ainsi que les traces de Tayeb Louh ont été trouvées dans le dossier de Tarek-Noah Kouninef.
Ce dernier n'est pas le seul à avoir bénéficié de la protection de l'ancien ministre de la Justice. Ses frères sont aussi concernés par des procédés similaires.
On découvre d'ailleurs que, par le biais d'interventions téléphoniques ou par des pressions en tous genres, des juges ont été contraints d'abandonner des charges retenues contre des hommes d'affaires proches du cercle de Bouteflika.
Avant ce procès, Tayeb Louh a déjà été condamné à une peine de 6 ans de prison ferme par la chambre criminelle de la cour d'Alger pour "entrave à la justice" et "falsification de documents officiels". Il est notamment accusé d'avoir annulé, de manière illégale, un mandat d'arrêt international lancé en 2013 contre l'ancien ministre de l'Energie Chakib Khelil.
Ali BOUKHLEF
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali BOUKHLEF
Source : www.liberte-algerie.com