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"Le prix Goncourt m'a fait sortir de l'ombre"



Jean-Christophe Ruffin a animé deux conférencesL'espace France au Salon international du livre d'Alger a été riche en conférences et en rencontres littéraires vendredi dernier.Parmi les invités de marque du stand de l'Institut français au Sila, il y a eu le célèbre écrivain Jean-Christophe Ruffin, lauréat du prix Goncourt 2001 pour son excellent roman «Rouge Brésil» et également le plus jeune membre de l'Académie française où il a été élu en 2008. Jean-Christophe Ruffin a animé deux conférences, la première à l'espace France et la seconde dans la salle de conférences Estrade du Pavillon central. Jean-Christophe Ruffin, et avant de parler de son tout nouveau roman, «Check-point», paru aux éditions Gallimard, s'est longuement attardé sur son parcours dans divers domaines. Une trajectoire particulière lui ayant permis d'acquérir une expérience considérable dans la vie et d'observer de près une multitude de situations que la planète vit en ce moment. D'abord médecin généraliste, puis spécialiste en neurologie avant de devenir directeur d'un hôpital psychiatrique, en passant par une carrière de diplomate, dont celle d'ambassadeur au Sénégal, etc, Ruffin a donc vu de près suffisamment de choses qui peuvent lui inspirer plus d'un roman.Mais avertit-il, «je n'ai pas le droit, en tant qu'ancien médecin d'étaler au grand lectorat les secrets de mes patients». «Tout ce que j'écris est fictif, mais je ne peux pas nier que tout également est inspiré de mon parcours», affirme l'écrivain qui écrit des romans depuis vingt ans. Jean-Christophe Ruffin rappelle que c'est grâce à son roman «Rouge Brésil», qui a obtenu le prestigieux prix Goncourt en 2001 qu'il a pu sortir, en quelque sorte, de l'anonymat même si, avant cela, ses livres étaient très lus. Mais les lecteurs ne découvraient ses fictions que de bouche à oreille avant 2001. «J'étais un passager clandestin de la littérature et, après l'obtention du prix Goncourt, j'ai eu une cabine de première classe», plaisante le conférencier qui est considéré actuellement comme étant l'un des écrivains francophones dont les romans se vendent le plus en France. Un atout de Raffin dû à son talent d'écrivain capable d'écrire avec un style simple, mais exigeant et accessible à tous, des histoires fort passionnantes. L'auteur rappelle qu'il y a vingt ans, il a envoyé à un éditeur, par courrier, son premier roman de 600 pages.Même si les médias ne se sont pas trop interéssés à ce premier roman (et qui est ce journaliste qui s'intéresserait à un livre de 600 pages écrit par un écrivain inconnu' plaisante encore Ruffin), le livre a tout de même eu un bon écho chez les lecteurs qui le découvraient au gré du hasard.L'expérience d'ambassadeur au Sénégal a permis à Ruffin d'écrire aussi sur des sujets d'actualité comme l'insécurité. «En tant qu'ambassadeur, il y a une forme de secret professionnel. Quand j'étais en poste à Dakar, j'avais la possibilité d'observer ce qui se déroulait dans la région du Sahel. J'entendais plusieurs choses. Mais je ne pouvais écrire tout ça de manière directe. J'étais obligé d'avoir recours à la fiction. C'est ce que j'ai fait pour pouvoir en parler. Mes intrigues sont certes inventées, mais elles sont néamoins nourries de ce que j'observe», souligne Ruffin. Ce dernier précise, dans un autre sillage, que souvent, les romanciers sont plus réalistes que les analystes politiques. «Le romancier est une sorte de visionnaire», précise-t-il. Quant à sa méthode d'écriture, l'auteur, qui a aussi obtenu en 1999, le Prix littéraire Interallié, révèle que le roman qu'il doit écrire est d'abord mijoté dans son esprit pendant très longtemps. Et quand il passe à l'acte d'écrire, il va très vite.Malgré son immense succès aussi bien en librairie qu'auprès des lecteurs, Ruffin déclare en toute modestie qu'il ne se voit pas comme un écrivain professionnel. «Je ne me vois pas dans ce milieu et j'avoue que, quand je suis en compagnie d'écrivains, je ne me sens pas à l'aise car souvent quand ils évoquent les auteurs polonais ou autres d'un tel ou tel siècle, qu'ils ont lus, je me sens complètement déconnecté car ce n'est pas du tout mon cas», ajoute-t-il humblement. Ruffin a aussi indiqué qu'il accorde plus d'importance au fond, c'est-à-dire à ce qu'il raconte qu'au style:«Quand on essaye d'imiter Louis-Ferdinand Céline, un écrivain ne peut qu'échouer car il n' y a que Céline qui peut écrire avec son propre style.C'est lui qui a créé cette nouvelle forme de style qu'on reconnaît», explique l'orateur. En tant que membre de l'Académie française, Jean-Christophe Ruffin a répondu à la question d'un lecteur qu'il connaît assez bien la littérature algérienne en rappelant que c'est l'Académie française qui a attribué le Grand Prix de l'Académie française à Boualem Sansal pour son roman «2084, la fin d'un monde». Ruffin a aussi rappelé qu'au sein de l'Académie française, siégeait avec eux la regrettée Assia Djebar.
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