Les cours du pétrole ne devraient raisonnablement pas baisser en deçà d'un certain plancher, a estimé, hier, le conseiller du ministre de l'Energie et des Mines, Ali Hached, lors d'une rencontre avec la presse, organisée par le quotidien El Moudjahid, à Alger.
Les cours pétroliers risquent-ils de s'écrouler sous l'effet du ralentissement général de l'activité économique mondiale et de la persistance de la crise des dettes souveraines au sein de la zone euro ' Dans l'absolu, «tout peut arriver, les prix du pétrole peuvent aussi bien chuter qu'augmenter», répond l'invité du forum d'El Moudjahid.
Développant un discours nettement moins alarmiste que celui que tenait, en juin dernier, le ministre de tutelle, le conseiller de
M. Yousfi a d'emblée soutenu que le prix du baril ne devrait raisonnablement pas flancher en deçà des 90 dollars ni se renchérir au-delà des 115 dollars. Selon lui, pour que les cours du brent s'écroulent, il faudrait qu'il y ait jonction de plusieurs facteurs qui affecteraient durablement le marché. Lors de la réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en juin dernier, a-t-il rappelé, il a été constaté que les cours pétroliers baissaient alors que l'offre et la demande étaient plutôt à l'équilibre. Aussi, a-t-il précisé, l'enjeu est de favoriser l'équilibre des prix, soit à un niveau que l'on peut estimer à 105 ou 110 dollars le baril, et ce, pour ne pas décourager l'investissement dans le domaine pétrolier, tout en veillant à ne pas étouffer la demande avec des cours trop élevés.
Les pays industrialisés, a souligné Ali Hached, s'estiment pénalisés par le renchérissement du pétrole et il y a toujours possibilité de voir les Etats-Unis puiser dans leurs réserves stratégiques pour calmer un peu le marché, comme ils l'ont déjà fait auparavant.
Néanmoins, soutient globalement le conférencier, le baril ne devrait raisonnablement pas s'effondrer ni flamber à des niveaux excessifs par rapport à ceux observés actuellement sur le marché.
A la question de savoir quel impact pourrait avoir l'éventualité d'une guerre en Iran sur les cours pétroliers, M. Hached a rétorqué qu'en pareil cas, divers facteurs devraient être pris en considération. Selon lui, ce n'est toutefois pas logique de chercher à anticiper les effets d'un événement dont on ne sait même pas s'il peut effectivement se produire. Quoi qu'il en soit, le conseiller du ministre de l'Energie se voulait plutôt rassurant quant à l'évolution de la conjoncture pétrolière à court terme, en minimisant surtout les hypothèses catastrophistes d'un écroulement soudain du prix du baril. En juin dernier, convient-il de rappeler, certains pays membres de l'OPEP, dont l'Algérie, étaient les premiers à tirer la sonnette d'alarme face au déclin des cours pétroliers. Quelques mois auparavant, soit de mars à juin, le cours du Brent coté à Londres avait décliné de 25%.
Le ministre de l'Energie et des Mines, Youcef Yousfi, avait alors laissé clairement entendre qu'une dégringolade persistante des cours du brut risquait de fragiliser fortement la viabilité des finances publiques de l'Algérie. Un écueil qui restera, sans nul doute, durablement d'actualité tant que l'économie nationale demeurera étroitement dépendante des recettes des hydrocarbures.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Akli Rezouali
Source : www.elwatan.com