Questionné par l'agence Reuters à propos du sujet qui faitactuellement débat en Algérie, à savoir celui du «3ème mandat», Bouteflika a, en prince de l'ambiguïté, fait une réponsequi laisse entier le mystère planant sur ses intentions.A la question directe de l'agence, il a répondu par unénigmatique: «Pour l'instant, il s'agit pour moi d'achever correctement monmandat en espérant atteindre tous les objectifs que je m'étais fixés et quifaisaient l'objectif de mon programme électoral». Ainsi formulé, son propos-réponsen'éclaire en rien sur la décision qui sera la sienne sur le sujet. Autant direqu'il a laissé la porte ouverte à toutes les prospectivesspéculatives.Bouteflika a néanmoins très subitement, sans se dévoiler, «tordu lecoup» aux trois arguments sur lesquels s'appuient ses adversaires pour imposerl'idée qu'il aurait été finalement obligé de renoncer à briguer un troisièmemandat. Ces arguments sont un: que son état de santé est devenu un obstacleinsurmontable pour son ambition de demeurer au pouvoir. Deux: que l'institutionmilitaire s'opposerait à son projet. Trois enfin: que la campagne menée par sespartisans en faveur du 3ème mandat n'aurait pas eu l'ampleur qu'il en attendait.A propos de son état de santé et des spéculations à lalimite de la décence qui sont faites autour, le Président a réitéré qu'il seporte bien. Donnant ainsi à comprendre que les adversaires du 3ème mandat fontfausse route en mettant en avant la question de sa santé dans le débat sur letroisième mandat.S'agissant de l'armée, dont il est prétendu qu'ellen'adhère pas à son projet de réforme de la Constitution et, parvoie de conséquence, à sa candidature pour un troisième mandat, Bouteflika a, sans minimiser le rôle que joue cetteinstitution dans la vie du pays, fait comprendre que celle-ci «respecte le cadrequi lui est fixé par la Constitution» et que «son rôle décroît en importance à mesureque les institutions politiques du pays se renforcent et gagnent en efficacitépour prendre entièrement en charge leurs responsabilités». Façon diplomatiquedu Président de faire entendre que le temps des «faiseurs de rois» est révolu.Enfin, Bouteflika n'a nullementdésavoué les promoteurs de la campagne en faveur de son troisième mandat. Il adit voir au contraire dans leur initiative «la manifestation de l'intérêt quela population et la classe politique apportent à la vie politique et au devenirdu pays».Le message que Bouteflika afinalement voulu faire passer dans sa réponse à la question sur le 3ème mandatest que, si débat il y a sur le sujet, il doit se centrer sur le bilan de sesdix années de gouvernance et non tourner autour de spéculations qui fontfantasmer ses opposants. Et en recadrant de cette façon le problème, il insinuetout simplement que rien ne rend impossible sa candidature à sa propre succession.Ce qui est en tout cas certain, c'est que Bouteflika se joue et se jouera jusqu'au bout aussi bien deses adversaires que de ses partisans.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com