«Aucune crainte à avoir sur la démocratie en Algérie»
Le président Bouteflika, a accordé une interview publiée samedi dernier au journal «Al-Arab», paraissant à Londres dans laquelle il a notamment révélé que 50.000 personnes vont devoir bénéficier des mesures contenues dans la Charte pour la paix et la réconciliation adoptée par le peuple le 29 septembre passé.
Dans ce long entretien, le président Bouteflika, qui est revenu longuement sur les causes de la tragédie nationale, a montré du doigt «les extrémismes qui y ont prospéré (et) ont nourri l’animosité et la haine et divisé gravement la société» indiquant au passage que «les valeurs de tolérance et de modération, profondément ancrées dans la société ont évité au pays de sombrer dans l’anarchie, et à la nation d’éclater. Les dégâts causés au corps social furent énormes». Un phénomène inédit en Algérie, selon Bouteflika, qui a fait son apparition. «Le phénomène du terrorisme a causé la mort de dizaines de milliers de personnes». Pour stopper l’effusion de sang et neutraliser les germes de la division, il fallait mettre en œuvre, en 1999, «la politique de Concorde civile et en 2005 celle de la Réconciliation nationale». L’expérience a été concluante, ajoute le président Bouteflika, «puisque des milliers d’éléments qui avaient opté pour la violence pour traiter les conflits politiques ont déposé les armes et réintégré la société». Le président Bouteflika pense que «les Algériens ont définitivement compris que la violence n’est pas une solution pour traiter les conflits politiques. C’est pourquoi, il n’y a aucun risque d’un retour en arrière. Mais, nous devons continuer à travailler pour aller de l’avant». A la question de savoir comment il conçoit l’avenir de la démocratie en Algérie, le locataire d’El Mouradia a simplement répondu qu’il «n’y a aucune crainte à avoir pour l’avenir de la démocratie en Algérie et que les libertés sont garanties». Il citera, à titre d’exemple, l’existence de la presse qu’il estime libre, les partis politiques qui activent et portent leurs programmes respectifs en toute liberté tout en ajoutant que «certains d’entre eux ont décidé de s’allier autour du programme que j’ai proposé au pays et qu’il a approuvé à travers des élections entièrement libres».
Sur la question de la révision de la Constitution, le président Bouteflika indiquera que le dernier mot revient au peuple algérien souverain. «Je considère pour ma part, comme j’ai eu à le dire, que l’amendement de la constitution s’impose non seulement comme une étape avancée et complémentaire dans le processus de réforme et de modernisation des structures de l’Etat, mais également en ce sens qu’elle répond à un souhait populaire large et à la revendication d’une grande partie des forces politiques et du mouvement de la société civile. L’amendement de la constitution que nous voulons, traduira les préoccupations et les orientations de la nouvelle étape en harmonie avec l’évolution de l’Etat algérien que nous souhaitons stable, fort et efficace». Selon Bouteflika, cette nouvelle constitution «renforcera davantage les droits et les libertés fondamentales ainsi que le contrôle constitutionnel. Une constitution définissant les règles d’un régime politique aux contours clairs, précisant davantage les prérogatives et les responsabilités, veillant au respect du principe de la séparation des pouvoirs, mettant fin aux interférences entre les prérogatives des institutions, ainsi qu’à l’amalgame entre le régime parlementaire et le régime présidentiel».
Dans le même temps, l’environnement international avait connu des mutations profondes dont les incidences ne pouvaient manquer de se répercuter sur l’Algérie. Ce sont tous ces facteurs qui, conjuguant leurs effets, ont fait germer la crise. En réponse à une question sur les mesures de grâces prononcées à l’égard des journalistes, le président Bouteflika a indiqué que si les journalistes algériens se comptent par milliers, «le nombre de ceux qui ont eu affaire à la justice est extrêmement réduit». Cela dit, a-t-il ajouté, «en Algérie, la justice et la presse sont entièrement libres et la loi est au-dessus de tous mais le journaliste est en même temps un citoyen, et en tant que tel, soumis à la loi commune du pays». Le problème du Sahara Occidental est un autre problème abordé par le président Bouteflika qui estime que le conflit «oppose le Royaume du Maroc au Front Polisario. Ce n’est pas un problème algéro-marocain. Il s’agit purement et simplement d’un problème de décolonisation pris en charge par l’ONU. Sa solution réside dans le droit du peuple sahraoui à exercer son droit à l’autodétermination. C’est dans ce cadre que l’Algérie, qui a toujours soutenu ce droit pour d’autres peuples opprimés, apporte son soutien au peuple sahraoui spolié arbitrairement de son territoire national. Ce peuple opprimé ne peut endosser la responsabilité du blocage de l’UMA». La récente loi amendée sur les hydrocarbures n’a pas laissé le président Bouteflika indifférent puisqu’il a affirmé «qu’il y a effectivement des ajustements qui vont être apportés à la loi de 2005. Il ne s’agit en aucune façon de remettre en cause les orientations générales de cette loi. Il s’agit de rectifier certaines anomalies qui sont apparues à la faveur de son application et qui contrarient les intérêts légitimes de Sonatrach». Le chef de l’Etat a affirmé à cette publication arabe que «les hydrocarbures constituent une ressource vitale pour l’économie algérienne, et il ne saurait être question d’un désengagement de l’Etat dans ce secteur. Nos partenaires le savent et le comprennent parfaitement comme ils savent aussi que l’Algérie est un pays crédible qui sait ménager leurs intérêts légitimes».
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com