
Alger accueillera pour la première fois le salon international du thé et du café, du 29 juin au 1er juillet prochain sous le grand chapiteau de l'hôtel Hilton. C'est une première en Algérie où le café et le thé, des boissons de consommation courante, sont une inhérence à l'art de recevoir, une aire d'échange socioculturel et un lieu de convivialité. C'est une pratique illustrée par l'apparition des cafés maures, qui perdure de nos jours; et ce depuis le XVII, d'après les organisateurs. Les cafés maures représentaient en effet des lieux importants dans la vie quotidienne des Algériens et des Maghrébins en général, en termes d'espaces de discussions, de règlement des conflits, de politique, de musique et loisirs dans les temps anciens. A titre d'illustration,le café Tlemçani, comme on l'appelle toujours de nos jours,, situé du côté du quartier de la Marine (Place des Martyrs) en témoigne dans ce sens, selon les vieux de la Casbah ou d'autres quartiers avoisinants. Le café et le thé font ainsi partie de nos us et coutumes ayant presque un caractère ancestral. Même les artistes comme El Hadj M'rizek chante dans l'une de ses quassida " Quahwa oua lataie " les vertus du café et thé comme produits et lieu de réconciliation entre les époux séparés. Et puis, récemment, selon une revue scientifique américaine où les chercheurs publient leurs derniers travaux de recherche, le café pris à raison de 2 à 4 tasses par jour contribue à lutter contre les maladies cardiovasculaires et de cerveau ; il en est de même pour le thé vert pris avec des quantités quotidiennes plus importantes.
Economiquement l'Algérie importerait, selon les statistiques, entre 110 000 et 120. 000 tonnes de café par an, correspondant à une valeur de 180 millions de dollars. Le consommateur algérien ingurgiterait entre 3 et 5 kg de café par an. Le thé et le café représentent plus de 4% des produits agroalimentaires importés par l'Algérie. Le salon du Thé&Café, organisé par l'agence Axed Event est une plateforme dédiée entièrement et exclusivement au thé et au café pour la première fois en Algérie. Selon les organisateurs, un évènement qui aura lieu juste avant le mois de Ramadhan, mois de tous les délices gustatifs où une ambiance conviviale promouvant le thé et le café comme un patrimoine culturel, y règnera durant 30 jours. En somme un évènement professionnel et familial à la fois qui pourrait encourager la production du thé dans le Sud, une région où la population consomme plus de thé que de café. Et puis c'est aussi une occasion pour les importateurs algériens d'être en contact avec les producteurs de café dans le monde. Il y a lieu de noter que le marché du café en Algérie serait contrôlé par les circuits de vente informels dont la part du marché serait entre 60 et 70%, selon certains torréfacteurs. Une quinzaine de torréfacteurs industriels, avec une capacité de production de 5000 tonnes chacun par an, ont commencé à prendre de l'ampleur depuis ces dix dernières années en acquérant des moyens technologiques. Au second palier se placent les 130 torréfacteurs moyens, avec des capacités de production oscillant entre 500 et 600 t/an par producteur. Viennent enfin les quelque 1200 artisans, avec des capacités de production qui ne dépassent pas les 100 t/an.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Meziane Atmani
Source : www.lemaghrebdz.com