Alger

Le Premier ministre malien à Alger



Le Premier ministre malien à Alger
A l'invitation de son homologue algérien, le Premier ministre malien, Cheikh Madibo Diarra, effectue, depuis hier, une visite de travail de deux jours à Alger.
Porteur d'un message de Diacounda Traoré, président malien par intérim, au président Bouteflika, le Premier ministre malien est à Alger au moment où la situation politico-sécuritaire au Mali est critique. Si la visite s'inscrit, selon le communiqué du département de M. Medelci, dans le cadre des «consultations régulières entre les deux pays», il sera aussi question d'entretiens entre le responsable malien et ses homologues algériens sur la situation au Mali et au Sahel. Il est à rappeler que le Premier ministre de transition malien a formé, le 25 avril dernier, un gouvernement ayant pour mission le retour de la stabilité au Mali dont le Nord est occupé par des groupes armés. Situation devenue plus complexe depuis que le Mouvement de libération de l'Azawad a scellé un accord avec Ançar Eddine, groupe islamiste armé, et l'annonce d'un Etat islamique dans le nord malien. De nouvelles donnes sur la scène malienne intervenant quelques mois après les multiples alertes sur les conséquences gravissimes engendrées par la crise libyenne sur la région du Sahel. Il s'agit de l'intensification de circulation des armes dans cette région stratégique. La région du Sahel, déjà confrontée à la menace terroriste, se trouve prise dans un engrenage de violence. Alger, étant le pivot autour duquel s'élabore la stratégie avec les pays de la sous-région pour répondre à la menace terroriste et aux défis du sous-développement, est en mesure de jouer un rôle important dans les efforts en direction de la crise au Mali, d'autant plus qu'elle bénéficie de beaucoup de crédibilité à divers niveau, vu que par le passé, elle a été la médiatrice dans des conflits majeurs, notamment celle dans la crise à laquelle était confronté le Mali. Par ailleurs, si Alger s'intéresse de très près à ce qui se passe dans cet Etat voisin, en particulier dans le Nord, cela traduit sa préoccupation majeure quant à sa sécurité et la stabilité de ses frontières au sud du pays. Etant dans une position géo-politico-stratégique qui compte dans les équilibres mondiaux, l'Algérie doit prendre en compte, vu la crise dans cette partie du continent africain, tous les facteurs à même de rendre sa démarche plus effective, surtout qu'elle est devenue le passage obligé, de par son expérience dans la lutte antiterroriste, pour toutes les initiatives d'où qu'elles viennent, des pays du champ comme de ceux étrangers à la région. Si bon nombre d'observateurs craignent un scénario comparable à celui de l'Afganistan dans le Nord du Mali, il est aussi question de risques de «somalisation» avec toutes les conséquences imaginables. Ceci d'autant plus que la lecture des événements par les acteurs occidentaux illustre amplement leurs réelles motivations inspirées par leurs intérêts économiques à moyen et long termes, cette région contenant des richesses inestimables. Si pour sa part, Paris a exprimé, dimanche dernier, sa préoccupation de la situation au Mali, les conséquences du trafic d'armes qui s'est nettement accru depuis la crise libyenne n'étaient pas à l'ordre du jour. L'arrivée, hier à Alger, du Premier ministre malien, invité par son homologue algérien, Ahmed Ouyahia, devrait être l'occasion, au cours des entretiens qu'il aura avec les responsables algériens de discuter amplement de la crise malienne, non loin des dangers de l'ingérence étrangère, avec toutes les conséquences qu'on peut imaginer sur l'Algérie et le Sahel, si l'embrasement au Mali venait à se produire.


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