Alger - A la une

Le pouvoir, ses complices et ses mandataires



En ce qui concerne les phénomènes de la corruption, les détournements de deniers publics, les passations douteuses de marchés publics, etc., la lucidité politique, la réactivation-détermination de la justice est jusqu'ici, le point fort du commencement solide fort de la moralisation de la vie publique, le jugement des prédateurs surtout qu'en ce moment c'est le peuple qui exige des comptes de l'ex-pouvoir aux commandes de l'Algérie durant deux décennies de suite. C'est là, une question de fond qui a toujours était escamotée. Aujourd'hui, c'est la voix du peuple qui dit que nous voulons réellement le changement, la liberté et l'indépendance de la justice, c'est tout le système politique, économique, financier qui a régné ces dernières années sur l'Algérie qui doit être jugé. Système qui est une des pièces maîtresses ayant façonné à sa guise une oligarchie prédatrice. Les dossiers ouverts par la justice et dans lesquels sont impliqués déjà deux ex-Premiers ministres, une brochette de ministres et plus de 60 cadres montrent dans quel sens les tenants du pouvoir ont voulu comment se fasse le pillage délibéré du pays, le vol caractérisé de l'argent du peuple. Une période au cours de laquelle le pouvoir en question a interdit à la société algérienne de toucher à l'essence du système qui avait son propre style de gouvernance, ses complices et ses mandataires. C'était simple : défendre le pouvoir et même de le renforcer par la démagogie. Un rôle bien rempli d'ailleurs par l'ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia qui était le chantre de ce gigantesque plan de prédation de l'Algérie, désorganiser, dérouter l'économie nationale, diviser et opposer la société pour mieux l'asservir. Voilà les véritables maux de l'Algérie. Il s'agit de trouver tout un passé lourd de conséquences, passé qui s'est distingué par une pseudo-démocratie, passé qui s'est distingué par une justice aux ordres, un passé fortement imprégné du pouvoir personnel. Confusion, usurpation et abus de pouvoir, une référence à Saïd Bouteflika, frère de l'ex-président de la République et que la félonie et la ruse de l'ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia a couvert avec toute la complicité voulue et celle de l'ex-ministre de la Justice, Tayeb Louh. Une " bande " qui avait pour crédo d'inciter les pillards à s'enrichir illicitement. Les très nombreux dossiers de malversations qui ont atterri sur la table des juges ont tous été jetés dans les tiroirs sur ordre de l'ex-ministre de la Justice, Tayeb Louh. Il n'est qu'à faire la liste des affaires qui sont à présent au niveau du tribunal de Sidi-M'hamed, les hauts responsables mis en cause pour se convaincre qu'avant l'avènement du mouvement citoyen, la justice n'existait pas et si elle a existé elle a fait l'impasse sur les gros bonnets, eux qui ont détruit l'économie nationale. Rares sont ceux qui ont comparu devant la justice pour délits de crime économique mais souvent en sortant du palais de justice ils avaient bonne mine. Ils étaient couverts par le système qui les a façonnés.Les dossiers qui sont en cours d'instruction contre les malversations financières dont se seraient rendus coupables les dirigeants du régime précédent se poursuivent à un rythme accéléré. Chaque jour, la justice qui s'est réactivée arrive à démasquer des responsables au plus haut niveau de l'Etat et au niveau des collectivités territoriales des responsables de ce genre de pratiques. Cependant il y a lieu de citer que l'opinion publique s'apaise tellement elle a été trompée. Elle a été l'objet, la cible d'une psychose soigneusement et sciemment développée par des man?uvres malhonnêtes dont le but était de nuire à l'action publique engagée.. Mais voilà que c'est le Parquet général d'Alger qui est intervenu pour lever toutes les équivoques concernant les poursuites judiciaires engagées. En effet, dans un communiqué rendu public le 25 avril dernier, le Parquet général d'Alger affirme que " Les poursuites judiciaires contre les hommes d'affaires et d'anciens responsables politiques continuent de susciter la polémique. Au lendemain d'une virulente mise au point du ministère de la Défense nationale, le Parquet général d'Alger a assuré, dans un communiqué publié jeudi 25 avril, que la lutte contre la corruption est l'une des priorités de la politique algérienne sur l'application de laquelle le parquet général veille ". Il affirme n'avoir reçu " aucune instruction " pour agir dans les dossiers de corruption. " Le parquet général près la Cour d'Alger tient à son indépendance et n'a reçu aucune instruction d'une quelconque partie pour accomplir son devoir dans la lutte contre la corruption sous ses diverses formes, dans le calme et la sérénité et avec professionnalisme ", affirme le communiqué en question.
Les dernières arrestations d'hommes d'affaires impliqués dans de lourds dossiers de malversations, les mis en cause dont deux ex-Premiers ministres, des membres du gouvernement précédent, de responsables au niveau des collectivités territoriales ne sont pas autre chose que la conséquence de l'action d'une justice indépendante qui prend surface grâce au mouvement citoyen et dont le régime défunt avait lui-même créée, mais dont il ne voulait à aucun moment voir l'impartialité s'appliquer à tous les citoyens algériens.. Dans ce sillage de renouveau de la Justice, le Haut Commandement de l'ANP et dès le début du Hirak et en réponse à ses revendications légitimes avait fait de la justice l'une des priorités du moment. Une justice qui a été très longtemps dans un état de délabrement, avec notamment de très nombreuses affaires jamais sanctionnées selon la loi. Une institution discréditée, les citoyens ne lui font plus confiance.
Aujourd'hui, c'est tout le peuple qui attend énormément d'une justice indépendante et impartiale pour être un rouage majeur et solide de la démocratie, du changement. Dans ce contexte, la lutte contre la corruption, les détournements des biens publics et contre la malhonnêteté permettra d'assainir la vie politique et de moraliser la vie publique des institutions, du sommet à la base. Sans doute les citoyens ne supportent-ils pas les lenteurs, les archaïsmes d'une justice faible. Souvent même les professionnels ne se retrouvent pas dans le périmètre judiciaire. On peut changer tout cela. Mais attention, la justice doit être toujours une institution sophistiquée. On peut gagner en rapidité et en simplicité. Mais si on veut faire respecter les libertés, gare à la justice presse-bouton.
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