Le président du RCD relève une vaste opération de «diversion qui travaille le pouvoir en place», et ce, à travers le «conditionnement» de l'opinion publique en focalisant sur la succession à l'intérieur du système.M. Kebci - Alger (Le Soir) - Pour Mohcine Belabbas, qui s'exprimait, hier, en marge du congrès des femmes progressistes du parti, il n'y aura pas, à l'occasion des prochaines élections présidentielles, l'élection d'un président de la République mais juste la nomination d'un chef de l'Etat qui sera le produit d'un consensus entre les diverses forces qui, depuis quelque temps, s'efforcent à y peser lourdement». Car, argumente-t-il, le pouvoir «n'a pas cédé et refuse toujours d'organiser des élections ouvertes avec notamment l'ouverture des médias sur les éventuels candidats qui auraient dû présenter leurs programmes, leurs perspectives et leurs solutions aux nombreux problèmes auxquels fait face le pays».
Alors que l'élection présidentielle n'est qu'à cinq mois, «aucune lueur n'est venue dissiper le brouillard qui assombrit le devenir immédiat du pays. A défaut de débats sur les conditions d'organisation de cette élection, sur des visions d'avenir pour rompre avec l'échec et l'autoritarisme, sur des projets et propositions de sortie de crise, nous assistons à un étalage public des luttes d'influence entre dirigeants sans légitimité et sans envergure avec comme objectif de faire perdurer la culture politique ancrée chez les hommes du système qui fait que le chef de l'Etat doit être choisi en amont du scrutin et non pas légitimé par le sacre du suffrage universel pour donner au pays un exécutif fort», explique encore le président du RCD.
Selon le président du RCD, qui s'exprimait, peu avant, devant un grand nombre de femmes militantes du parti et d'un aréopage d'invités, «la phase critique que traverse le pays est le résultat de l'usurpation de l'indépendance nationale par le système politique qui a saigné le pays de ses richesses naturelles et de ses ressources humaines». Et de se focaliser sur ces 20 dernières années, comme pour faire le bilan du règne du président de la République dont des cercles invitent à la continuité, affirmant qu'elles ont été particulièrement effroyables, accentuant la fuite des cadres, des étudiants algériens et des jeunes, entamée dans les année 1990 par la horde terroriste, une extraction effrénée de nos ressources naturelles, en premier lieu, des hydrocarbures qui, sous prétexte de financer le développement, ont en grande partie, servi au maintien des équilibres politiques dans le système par la corruption et l'achat des consciences mais aussi à monnayer une forme de légitimité aux yeux des grandes puissances».
Un constat «ruineux» qui, selon Belabbas, «complique» toute sortie de crise. Mais pas de nature à pousser à la résignation ou à l'abandon de la partie puisqu'il parle «d'alertes quant aux dérives et fausses solutions conçues dans les laboratoires du système pour écarter le peuple algérien de la décision qui ont été à chaque moment accompagnées de propositions et à diverses périodes d'actions». Juste pour signifier, ajoute encore le président du RCD, que «des solutions existent et que la perte d'espoir est précisément l'objectif poursuivi par le pouvoir pour promouvoir le binôme morbide du statu quo ou le chaos».
M. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kebci
Source : www.lesoirdalgerie.com