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«Le pouvoir ne doit plus avoir peur des partis»



Les travaux de l'université d'été du parti islamiste MSP se sont ouverts, hier mardi, à Alger, sous la présidence du chef du parti, Abderrezak Makri. Dans son discours, il a évoqué l'anniversaire du 20 Août, étant donné que cette activité intervient au lendemain de la célébration de cet anniversaire.Karim Aimeur - Alger (Le Soir) - Sauf que le président du MSP a totalement ignoré le 20 Août 1956, date de la tenue du Congrès de la Soummam, préférant parler uniquement du 20 Août 1955 marquant les attaques du Nord constantinois.
L'université d'été du MSP a été marquée par la présence de plusieurs partis politiques (le Parti de la souveraineté populaire, Front El Moustakbal, Talai El Hourriyet, le Mouvement El Binaa, El Fedjr El Jadid, le Mouvement Ennahda...), ainsi que des associations de la même tendance comme l'Association des Oulémas musulmans et les Scouts musulmans algériens, en plus du Forum pour le changement représenté par Abderrahmane Arar. Le parti islamiste a invité également à son université d'été un représentant du mouvement palestinien Hamas.Dans sa longue intervention, le président du parti a affirmé que « l'Algérie traverse l'une des étapes les plus dangereuses depuis l'indépendance », soutenant que cette situation peut constituer un véritable danger pour l'unité nationale et l'avenir du pays, qui est menacé si la transition n'est pas réussie.
« Le pays a besoin de renouveau », a-t-il dit, précisant que son parti n'a jamais cessé de présenter des initiatives politiques depuis l'époque de feu Mahfoud Nahnah, la dernière en date étant l'initiative du consensus national faite avant l'avènement du mouvement populaire du 22 février 2019. Pour lui, la situation du pays fait qu'il a toujours besoin de cette initiative « qui a failli réussir, n'était la lutte des clans pour le contrôle du pouvoir ».
L'orateur a appelé les nouveaux dirigeants du pays à se départir des pratiques et mentalités du passé, « comme le tutorat imposé au peuple, l'arrogance et la volonté de tout contrôler ». Il les a appelé à « ne plus avoir peur des partis politiques », et à ne plus s'ingérer dans la fabrication du paysage politique selon ce que bon leur semble, expliquant que les Etats forts se construisent sur des institutions solides. Le chef du MSP a demandé également aux dirigeants de ne pas revenir à la corruption. Il a estimé que l'Algérie n'était pas un Etat dans les années passées, mais « une mafia qui cohabite dans le cadre de la corruption qui était un projet ». Il en a voulu pour preuve l'incarcération des anciens hauts responsables du régime de Bouteflika. Selon l'orateur, de nouveaux réseaux de corruption sont en train de se former, notamment au niveau de certains secteurs qu'il ne citera pas. Le responsable du parti islamiste a appelé, en outre, le nouveau pouvoir à ne pas mettre en place de nouvelles clientèles et opportunistes, plaidant pour la construction d'une culture politique sur des bases solides. Evoquant le projet de la révision de la Constitution dont le référendum populaire est fixé au dimanche 1er novembre prochain, l'orateur a soutenu que l'essentiel « c'est le fond de la Constitution et non la date » de son adoption. « Nous avons souhaité qu'un débat ait lieu avant de fixer la date du référendum pour que la Constitution soit forte et historique, rassemble les Algériens et ne les divise pas », a-t-il lancé, appelant à faire de la proclamation du 1er Novembre 1954 la référence fondamentale du texte.
K. A.
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