
Il revient tous les ans au pays. Pas une seule fois il n'a raté ses vacances. Parti, il y'a ... on ne sait plus quand. Tout jeune il a largué ses voiles bien avant les harragas. Les senteurs d'Alger l'ont accompagné tout au long de son exil, en même temps que les chansons de Dahmane El Harrachi. Celles du mois du Ramadhan avec l'odeur de la chorba, de la menthe, des épices... Les odeurs de l'été algérien, les plats mijotés par sa mère, la mer, les virées sur la côte. Padovani, la Sablette, la Madrague, Sidi Fredj, Saint Eugène, La Pointe... des chapelets de souvenirs. Non il ne peut y avoir pour lui un été sans Alger ! La soixantaine entamée il arrive avec ses valises dès le mois de juin. Comme pour un pèlerinage. Sur son balcon d'une trentaine de mètres de long, il place des pots de basilic (lahbeq). Pas une fois il n'a oublié d'acheter cette plante odorante fleurant bon l'été. Au parfum subtil, doux et agréable. Devant chaque porte-fenêtre, il place les pots. Le soir dans la pénombre du crépuscule il les arrose, se baisse pour les humer. Il étend son tapis, s'assoit et les places à côté de lui. En grillant une cigarette. C'est donc cela « Rihet lebled ». Un rituel qu'il accomplit tout au long de son séjour. Dans certains pays cette herbe est considérée comme un symbole d'amour. Chez nous, elle est la plante des mariées et des poètes, comme sa s'ur la menthe.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L N
Source : www.horizons-dz.com