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Celui par qui la joie arrive revient cette semaine pour égayer les traditionnelles cérémonies culturelles algériennes. Ammi Boualem n'est pas le fantôme de l'opéra, mais un génie pourvoyeur de bonheur. Il fut de tous les évènements ayant marqué la scène culturelle. Un véritable mystique de la musique qui introduisit le mode Zorna en plein c'ur du melhoun. Avec plus de deux siècles d'histoire, cette mélodieuse fanfare ottomane avait atterri dans la flûte magique de Boualem Titiche qui en fit un hymne. Aujourd'hui, il n'en reste que de vieux souvenirs accrochés à quelques bribes de mélodies chichement diffusées a travers les ondes à la veille d'un évènement religieux. L'oubli a plongé dans l'agonie une symbolique identitaire par laquelle se relayaient tous les courants culturels de notre société. Elle est tout simplement synonyme de fierté et de joie annonçant un heureux événement dans tous les cours de maison. De son vrai nom la Zorna, qui stipule si besoin est la « gaieté » elle demeure ancrée dans la mémoire collective des Algériens, gardant en éveil les rares moments de festivités marquant les fêtes religieuses, ou encore des célébrations de mariages. Un rythme très présent encore. La troupe de Zorna est composée d'un groupe de musiciens en habits traditionnels, jouant aux rythmes et instruments spéciaux de Zornadjia, « Tbel (Tambours), Ghaita (Flûte), Tbilette (Petit Tambour) ». Le rythme vient de l'air des Turcs, au XVIe siècle, un rythme militaire qui se jouait dans les grandes rues des villes « d'Alger, Blida, Miliana, Béjaia, Koléa... » Au fil du temps, la Zorna s'est développée pour se rapprocher du rythme chaâbi et des festivités quotidiennes, pour devenir, maintenant, une nécessité pour le début de chaque fête de mariage, baptême...Le maître de cérémonie de cette musique culte laisse derrière lui un immense héritage qui continue d'interpeller la mémoire collective sur le fragile engouement déployé à l'égard de la très riche Zorna. Le défunt père de la Zorna, Boualem Tiche, a pu structurer le rythme Zorna en le dotant de deux rythmes spéciaux « Âadjani et El-Khayate ». Il enseigna son savoir au conservatoire d'El-Biar. Aujourd'hui encore, de nombreux auteurs s'inspirent de son style de musique traditionnelle qui demeure une référence pour un grand nombre de nostalgiques de ce son. Avec la disparition du dernier des Zornadji, Boualem Titiche, le deuil continue à planer sur une école dont les adeptes se passent chichement le témoin comme par souci de conserver un cercle très réduit de templiers gardant jalousement la sacralité de la Zorna.
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