Posture globale de sécurité
Dans le contexte d’une violence qui avait sévi à des pics importants et qui perdure quand même, mais à des niveaux nettement moins élevés, il y a eu des déclarations faites par des officiels et qui sont enclines à faire l’économie des solutions adaptées.
Dans les années 90, deux ministres de l’Intérieur, après que furent commis des attentats, avaient cru devoir annoncer que le terrorisme vivait son dernier quart d’heure et que de toute façon, il s’agit d’un phénomène étranger à notre société. Par contre, Réda Malek et Selim Saâdi reconnaissaient l’ampleur de ce phénomène et affirmaient vouloir mettre en œuvre des solutions plus appropriées.C’était l’époque de «l’intégrisme, matrice porteuse du terrorisme», de la «peur doit changer de camp», de «cellule de vigilance par quartier». Leur départ du gouvernement allait laisser place à une tentative de séduction des dirigeants du FIS incarcérés avant que, déçu, Zeroual ne lance son cri de guerre ! Traîtres, criminels et mercenaires, ce qui devrait le disqualifier dans la conduite de la politique de concorde civile bien que lui-même, dans sa première circulaire présidentielle en mars 1994, il avait instruit les institutions en leur disant qu’il faut œuvrer à «réaliser la concorde entre tous les Algériens».
Instruire, c’est bien, mais quand on sait que la réflexion stratégique sécuritaire n’est menée que dans les corps constitutionnels, et que les ministères de souveraineté ne disposent pas de tels moyens dan leurs structures, que la seule institution créée à cet effet, à savoir, l’INES 6, est réellement marginalisée, on s’aperçoit qu’il ne sert à rien d’instruire puisqu’il n’y aura pas de répondant civil.
La lutte antiterroriste, dès lors qu’on admet que nombre de pratiquants de la violence sont des égarés à récupérer, ne dépend plus exclusivement des forces de sécurité.
Quand il est admis que le nombre d’égarés est important, il faudrait obligatoirement étudier la vulnérabilité psychologique au sein de la société, évaluer la part de responsabilité des différentes institutions et remédier, bien sûr, aux carences constatées en amont de la violence.
Lorsqu’il est fait recours aux forces de sécurité pour leur intervention, c’est qu’il y a eu échec des politiques mises en œuvre par toutes les institutions civiles, en commençant par celles qui interviennent dans l’économie, dans le social, dans l’éducation ainsi que les administrations locales, y compris, surtout, les élus.
Comment alors pouvoir adopter une posture dans la lutte contre les groupes armés?
Bachir Medjahed
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com