
Le Premier ministre s'est défoncé sur l'opposition qu'il n'a pas ménagée en répliquant vertement aux attaques de cette dernière qui, à son tour, n'a pas fait l'économie des qualificatifs pour lui tomber dessus.Mohamed Kebci - Alger (Le Soir) - Et l'occasion était idoine à plus d'un titre, celle de la séance de vote du plan d'action du gouvernement dont il assure la coordination. Tout le long de ses réponses aux députés, avant-hier jeudi, Ahmed Ouyahia n'a pas hésité à lancer des piques acerbes aux partis de l'opposition qui nourrissent des appréhensions notamment quant à l'option du financement non conventionnel des déséquilibres budgétaires du pays ou encore la prétention prêtée au gouvernement de se départir des subventions publiques. Surtout que, durant ses réponses, il a été chahuté par Lila Hadj-Artab, qui l'interrogeait sur la destination des centaines de milliards de dollars quand il évoquait la fermeture de cantines scolaires faute d'argent et que le pays avait besoin de 200 milliards de dinars par mois pour fonctionner. Remarque désobligeante pour le Premier ministre qui a aussitôt répliqué : les gens vous connaissent !, a-t-il dit, suscitant l'ire des députés du RCD qui l'ont chahuté avant que l'ordre ne revienne et que Ouyahia ne poursuive son allocution. 11h07, démentant, dans la foulée, toute révision des subventions publiques tant que, assure-t-il, «l'étude n'est pas achevée» de même que «toute hausse des droits de douane sur les produits importés en 2018».
Poursuivant ses répliques, Ouyahia a estimé que les alternatives au financement non conventionnel avancées par l'opposition et certains experts, entre autres, la récupération de l'argent de l'informel, des impôts non recouvrés ou les crédits bancaires non remboursés, ne sont que des «tromperies» et ne constituent nullement des «solutions miracles».
Se voulant plus explicite, et prenant l'exemple des impôts non recouvrés, le Premier ministre les a estimés à «12 000 milliards de dinars, se fiant à la Cour des comptes, dont 7 000 milliards de dinars sont des amendes prononcées par les tribunaux, 1 900 milliards constituent des arriérés d'impôts d'entreprises dissoutes et 2 600 milliards qui font l'objet de contentieux judiciaires».
Pour lui, «il n'y aura une inflation ni à quatre chiffres, ni à deux chiffres» comme l'appréhendent certains, se voulant rassurant en affirmant que «d'ici trois ou six mois, on va voir si cette décision est juste ou pas», promettant que le gouvernement va solliciter «de moins en moins» le financement non conventionnel durant les cinq prochaines années.
S'expliquant sur la tonalité sévère de ses répliques à l'opposition, Ouyahia a considéré, dans un point de presse à la fin de la séance de vote qui a vu les députés du RCD, du FFS, du PT, du MSP, de l'alliance Nahda-FJD-Binaa désapprouver le plan d'action au moment où ceux du front el Moustaqbal se sont abstenus, qu'il n'a fait que la «moindre des choses» de répondre à ceux qui nous ont traités de «mafia et de voyous». Et de s'expliquer davantage : «Je n'ai pas l'habitude, quand je prends une gifle sur ma joue droite, de tendre la joue gauche», dit-il, soutenant faire la distinction entre l'opposition «civilisée» qui, selon lui, «a droit au respect» et celle «radicale».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M K
Source : www.lesoirdalgerie.com