Photo : Riad
Par Ali Boukhlef
Arrogance ou excès de joie ' Abdelaziz Belkhadem a pris ses adversaires et détracteurs de haut. Le secrétaire général du FLN, qui a réuni, jeudi dernier à l'hôtel Mazafran, les nouveaux élus de son parti, a prononcé un discours aux allures revanchardes, lui qui a dû subir à la fois les attaques de ses adversaires politiques et de ses opposants à l'intérieur du parti.«C'est la victoire du peuple algérien», a clamé le secrétaire général du FLN devant les nouveaux élus de son parti. «Le peuple algérien a donné sa confiance au FLN», a-t-il encore insisté avant d'aller chercher un vocabulaire qui en dit long sur l'agacement qu'a dû exercer sur lui la campagne des partis de l'opposition qui ont crié unanimement à la fraude.«Les accusations de fraude sont l''uvre de ceux qui ont été défaits dans les urnes», a-t-il fulminé. Et d'enfoncer le clou en accusant certains partis, notamment les islamistes, d'avoir cru en «leur propre mirage». «Certains ont vécu dans un mirage. Ils ont cru en leurs rêves et ont inventé une réputation», a-t-il dit. Pis, Abdelaziz Belkhadem va plus loin en accusant les partis islamistes d'avoir voulu copier les révoltes dans les pays arabes. «Certains ont cru que ce qui s'est passé dans les pays voisins ou en d'autres contrées allait se produire chez nous. Ils se sont trompés, car le peuple algérien n'aime copier sur personne». Il a même indiqué que «bâtir les espoirs sur ce qui s'est passé ailleurs est une erreur politique grave». Comme pour achever une bête blessée, le secrétaire général du FLN a ironisé en indiquant que «le choc de nos adversaires a été de 220 volts», en référence au nombre de députés (221) que compte son parti dans la nouvelle assemblée. «Nous souhaitons que cela soit une force motrice de 380 volts», a-t-il encore dit. Pour répondre aux accusations de fraude, Abdelaziz Belkhadem a crié publiquement que les «élections étaient propres et honnêtes». Et que le FLN a été choisi parce que le peuple «aime la stabilité et le sérieux». Il s'en expliquera en assurant que le parti n'a pas «vendu des rêves. Nous n'avons pas formulé de promesses intenables ou promis des merveilles». Toutefois, il mettra un bémol en annonçant : «Nous allons tenter de satisfaire les revendications raisonnables.» Malgré la victoire «éclatante» de son parti, Abdelaziz Belkhadem a rejeté les idées qui avancent une domination du FLN sur la vie politique. «Que les uns et les autres soient rassurés. Il n'y aura pas de retour au parti unique [']. Le FLN est conscient que pour gérer les affaires de l'Etat, il faut associer d'autres partis et forces politiques», a-t-il affirmé. Et d'ajouter : «Aucun parti, y compris le FLN, ne peut apporter, seul, des réponses aux défis qui se dressent face au pays.»Aux nouveaux élus, Abdelaziz Belkhadem a donné les premières instructions : «Le poste de député ne signifie pas privilèges, abus de pouvoir, mépris des autres ou positionnement. Ce poste est une responsabilité et seul l'intérêt du peuple doit vous guider.»Dans l'après-midi, Abdelaziz Belkhadem a «fêté la victoire» avec les militants au siège du parti à Hydra. Aux journalistes qui voulaient recueillir ses impressions, il a répondu,visiblement soulagé, qu'il avait «tout dit».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A B
Source : www.latribune-online.com