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Le panarabisme propalestinien se distingue à l'ouvertureMEDITERRA CINE À IBN ZEYDOUN



Le panarabisme propalestinien se distingue à l'ouvertureMEDITERRA CINE À IBN ZEYDOUN
Les Journées du film méditerranéen d'Alger ont débuté dimanche et s'étaleront jusqu'au 14 novembre 2013, courez-y vite, c'est gratos!Le Royaume des fourmis du réalisateur tunisien Chawki Mejri a été projeté dimanche soir à la salle Ibn Zeydoun à l'ouverture de la seconde édition des Journées du film méditerranéen. Un lon métrage fiction avec une mise en scène plutôt théâtrale. Un film dont le producteur Najib Ayef dira que c'était une expérience assez particulière pour l'équipe du film «nous avons voulu faire un film panarabe. Dans le sens où les comédiens proviennent de plusieurs pays arabes dont la Palestine, la Jordanie, la Syrie, la Tunisie.
L'équipe technique idem. La production est tuniso-égypto-syrienne. Ce sont des producteurs privés. On n'a pas voulu faire intervenir les Etats ni les fonds panarabes ou autres, simplement parce que nous ne voulions pas qu'on nous dise «Vous avez été achetés par tel ou tel parti, tel ou tel courant.» Nous avons donc essayé d'être au-dessous de toutes ces luttes tout à fait byzantines qui ne font que reculer les choses.
Ce film n'a pas eu énormément de chance justement parce qu'il ne fait aucune concession. Un film qui parle de la Palestine, qui raconte notre Palestine sans concessions, sans équilibre. Puisque en général les festivals et les distributeurs demandent à ce qu'on dise que les Palestiniens ont raison, mais les Israéliens également et faire cet exercice d'équilibre que nous n'avons pas voulu. Nous sommes du côté des Palestiniens point barre», fin de la déclaration. place au film. Le pitch' La Palestine d'aujourd'hui, des bombardement quotidiens, des blindés et mortiers qui sèment la terreur et provoquent des milliers de morts sur une terre qui n'est pas la leur.
Le drame de toutes les familles souvent endeuillées par la mort, qui d'un père, qui d'un fils, qui d'une mère etc. C'est l'histoire d'un amour fort malgré tout qui tend à s'enraciner dans la terre pour faire naître des oliviers et perpétuer le cycle de la vie. Entre ciel et terre, le jour et la nuit, l'air et les souterrains où s'entassent des ossuaires, se cachent des gens pour survivre comme ce couple dont le mari est obligé de fuir ou de se cacher pour que l'armée israélienne ne l'attrape.
C'est aussi ces petits moments d'accalmie avant la tempête, la respiration, la joie, de poésie parsemée ici et là par le regard lyrique du réalisateur qui dresse plusieurs symboliques inspirées du mythe pour faire parler cette culture palestiniennne comme ce rituel de diviser une pomme en deux et la donner à manger aux époux, au bout de trois jours, à minuit afin que la femme puisse tomber enceinte. Il y a aussi celle du papillon qui vole et transporte nos âmes au ciel et enfin la lune qui porte en elle mille présages et signes de la perpétuité de la vie et de la mort. Car face à la descente aux enfers, aux bruits du dehors, le réalisateur se plaît à adoucir son image par le rêve de la beauté, le fantasme et la sensualité.
Mais parfois cela ne prend pas. Car le parti pris est affiché d'emblée et le spectateur est conditionné dès le départ à s'apitoyer sur le sort de ces Palestiniens, se lasse de cette victimisation à outrance née de l'oppression coloniale israélienne.
Aucune issue n'est possible si ce n'est la patience et la résistance, explique le film qui porte le poids trop lourd du sort de tout un peuple sur son dos. L'histoire nous la connaissons fatalement. Si le noir jalonne le récit de cette histoire tout au long du film, un fin espoir est consenti à la fin. L'espoir fait vivre dit-on en effet.
Si le film n'a pas beaucoup marché dans les festivals est-ce véritablement à cause de son parti pris affiché' La censure des lobbies juifs' L'intelligence d'un film ne devrait-elle pas résider justement dans ses nuances et questionnements sous-jacents' Faut-il donc imputer l'échec de commerciabilité de ce film à sa seule direction politique ou ne pouvons-nous pas supposer autre chose'. Le Royaume des fourmis est un film manichéen qui dresse devant nous la barrière de l'histoire et son pendant larmoyant réfutant tout libre arbitre de réfléchir.
Le film juge à notre place, dresse un réquisitoire sévère contre l'autre camp, affichant une claire hostilité pour l'autre camp. Et après' est-ce le tract politique qui fait le cinéma' Certes les images sont belles, le discours idéologique le plus légitime qu'il soit est servi sur un plateau d'argent, les scènes de guerre et de jets de pierre contre l'armée israélienne sont émouvantes, troublantes de vérité et de réalisme, et pourtant le film n'arrive pas trop à se hisser au rang de chef-d'oeuvre et c'est bien dommage.
Est-ce dû justement à son trop-plein de lyrisme qui déréalise la nature des sentiments avec son semi-chantage affectif' il y a de ça en effet..Mais pas que. Le Royaume des fourmis en tout cas n'est pas le meilleur de ce qui figure au niveau de la sélection.
Le meilleur reste à venir. Et c'est tant mieux! Parmi les 12 longs métrages que vous êtes conviés à voir, à raison de trois séances par jour, à 15h, 17h, et 19h (en présence du producteur ou réalisateur du film pour la séance du soir), Omar, film palestinien, Prix du jury dans la section un certain regard au Festival de cannes 2013 lequel sera projeté en clôture, Mort à vendre du Marocain Faouzi Bensaïd, Winter of discontent de l'Egyptien Ibrahim El Battout, Yema de l'Algérienne Djamila Sahraoui, Reality Grand Prix du réalisateur italien Matteo Garrone, auteur du célèbre Gomorra qui a obtenu le Grand Prix du jury au Festival de cannes 2012, Blid intersections de la Libanaise Lara Saba qui vient d'être nominé aux oscars, Une seconde épouse du Turc Umut dag, Alps du Grec Yorgos lanthimos etc. Notons que les projections se feront en DCP.
La dernière séance sera marquée par la présence de plusieurs réalisatrices et réalisateurs de renommée internationale. Des Conférences de presse quotidiennes auront lieu en présence des réalisatrices et réalisateurs, des débats avec le public. Des Master Classe se tiendront tout au long des journées du film méditerranéen d'Alger à la villa Dar Abdellatif. l'Entrée est libre pour l'ensemble des projections à l'exception de la journée clôture.
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