Au moment où certains opérateurs économiques, notamment ceux qui ont une
relation avec les pays fonctionnant selon le week-end universel, affirment
qu'en termes d'efficacité, un plus de 30 % a été observé depuis l'entrée en
vigueur du week-end semi-universel, les citoyens semblent relativement
indifférents étant donné que peu de choses ont changé pour eux, vu que la
journée de vendredi demeure celle du repos commun alors que celles de jeudi et
samedi restent pleines en activités commerciales.
S'il est encore prématuré d'avancer le moindre résultat financier de la
part des entreprises, étant donné que le déficit est à situer à ce niveau, les
citoyens affirment vivre dans la perplexité du fait qu'on a l'impression que le
repos hebdomadaire dure trois jours. C'est aussi le cas de certains personnels
du travail posté, ne bénéficiant que de la journée de jeudi, qui déplorent le
fait qu'ils n'ont plus le temps de se consacrer à leurs enfants. Chez les
commerçants aussi bien les détaillants que les grossistes, rien n'a changé pour
eux du fait que les clients n'ont pas changé leur habitudes de consommation et
la journée de jeudi reste la plus faste en termes de ventes.
En effet, les détaillants rencontrés jeudi dernier aux halles centrales,
où la décision de glisser vers le nouveau week-end universel tarde à être
concrétisée, déclarent à l'unanimité qu'ils s'approvisionnent les jeudis étant
donné que les prix pratiqués ne changent pas en attendant de nouvelles
marchandises attendues à partir de samedi, mais certainement avec une
mercuriale en hausse. Au niveau de la même structure commerciale, le samedi
demeure également une journée pleine avec ces dizaines de livreurs venant des
wilayas productrices.
Dans le domaine de l'Agroalimentaire, rien n'a changé et le volume de
l'activité est resté identique à ce qu'il était avant le 14 août, car les
livreurs, notamment ceux qui se situent entre les importateurs et les
grossistes, continuent de ne consacrer que la journée de vendredi au repos
hebdomadaire. Pour certaines corporations telles les coiffeurs, d'ailleurs la
seule à observer encore la journée de samedi pour le repos hebdomadaire depuis
1976, le glissement vers le week-end semi-universel semble les diviser étant
donné que si certains avancent que le principe du premier jour de la semaine
doit être reconduit, d'autres préfèrent ne pas changer. Mais, les premiers
rétorquent que la journée de samedi est très rentable étant donné que la
demande est importante. Résultat, certains coiffeurs ont choisi la journée de
vendredi comme jour de repos, d'autres ont gardé le samedi. D'autres encore
pensent à choisir la journée de dimanche ou celle de lundi. Bref, la
corporation semble divisée sur ce point. En revanche, pour les bouchers qui
faisaient relâche par le passé durant la journée de samedi, la question ne se
pose plus étant donné que la plupart d'entre eux travaillent 7 jours sur 7.
Cela est dû au fait que la plupart des bouchers font leur stock le jeudi en
attendant le dimanche, jour d'abattage. C'est le cas également des boulangers
qui étaient soumis à un repos hebdomadaire obligatoire selon un programme fixé
par la direction du Commerce. Or, depuis la prolifération des boulangeries,
notamment par le biais des crédits octroyés aux jeunes chômeurs, la course vers
la recette optimale a conduit les boulangers à ne pas fermer. Les seules
premières impressions favorables ne peuvent être recueillies que chez certaines
entreprises et plus spécialement dans les établissements bancaires, qui,
d'ailleurs, n'ont rien changé à leur week-end. Ainsi, un cadre affirme que
l'apport de son entreprise en matière d'audit exige une relation permanente
avec la tutelle basée dans un pays étranger chargée elle aussi de suivre à
distance tout ce qui est entrepris aux alentours des gisements de pétrole. Du
coup, une journée de plus permet un suivi plus grand qui peut se perpétuer
directement sur la masse du travail accompli. En revanche, et faisant un
distinguo avec des représentations basées dans les pays dont le week-end est
universel, un déficit de 20 % reste à combler. Dans le cas où ceci allait être
possible, les résultats aussi bien techniques ne seront que meilleurs et
pouvant avoir un impact positif d'un côté sur la productivité et de l'autre sur
la gestion des ressources humaines qui sera plus facile étant donné que le
personnel ne sera pas sous pression. Mais c'est incontestablement au niveau du
secteur banquier que la situation est plus claire. Dans ce contexte, si dans le
secteur public où on ne s'est pas encore libéré des réflexes de
l'administration de l'argent même si les banques publiques sont soumises à des
règles commerciales universellement reconnues, pour les banques privées, chaque
jour de perdu pèse lourd en matière de transactions financières comme c'est le
cas du transfert d'argent par le biais de western union. A ce sujet, un manager
d'une banque française installée en Algérie estime qu'une journée de perdue
équivaut à plusieurs milliers d'euros en termes d'agios et de commissions.
Notre interlocuteur estime que cette journée peut leur ramener plus de 5 % en
termes de chiffres d'affaires partant du principe que le déficit accusé en la
matière était de l'ordre de 10 %. Anticipant sur l'avenir, notre source estime
qu'un retour au week-end universel, une éventualité à ne pas enterrer, les
banques gagneraient plus et le personnel n'aura pas une charge de travail
contraignante.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salah C
Source : www.lequotidien-oran.com