
Source imprécise. L'APS a donné quelques détails sur «les règles d'application du crédit à la consommation réintroduit par la loi de finances 2015». Ce serait «le groupe chargé de la relance de ce dispositif» qui aurait briefé le journaliste de l'agence. Une sorte de «gorge profonde». Quand tout un groupe «parle», c'est tout simplement pour que personne «ne se mouille». Passons sur cette admirable transparence et ce sens aigu de la responsabilité. Que dit ce «groupe» à l'APS sur la nouvelle version du crédit à la consommation' «La réflexion engagée dans ce groupe va dans le sens de ne pas arrêter un taux (d'intégration, Ndlr) fixe pour tous les produits.» Pour mieux comprendre et faire simple, chacun sait que les produits finis dans l'industrie comportent plusieurs éléments ou pièces. Leur nombre varie d'un produit à l'autre. Alors, on préfère parler de taux d'intégration en pourcentage. Pour distinguer la part des pièces importées de celles réellement fabriquées localement pour finalement parvenir à réaliser un produit dit local. Ou presque, mais à qui on collera, malgré tout le label «Made in Algeria». On sait aussi que la loi de finances 2015 a réintroduit le crédit à la consommation suspendu par la loi de finances complémentaire de 2009, pour aider les ménages à consommer, tout en créant les meilleures conditions pour une relance de la production nationale. C'est pourquoi, il a été prévu d'exclure du crédit à la consommation les produits importés. Il s'avère que les produits 100% algériens n'existent pas. Ils comportent toujours une partie importée. Un précédent «groupe» de travail, après la décision de la tripartite d'octobre 2013 de protéger et promouvoir la production nationale, avait décidé un taux fixe d'intégration égal ou supérieur à 40% pour prétendre au label algérien. Le nouveau «groupe» s'est rendu compte que ce taux est «très exagéré». Qu'il fallait revoir à la baisse cette intégration qui rendra le produit éligible au crédit à la consommation. Aucun plancher n'est avancé. Oubli ou pas, Dieu seul et le «groupe» le savent. Le culot va jusqu'à prétendre qu'une augmentation des composants importés «est une manière d'impliquer les producteurs algériens dans le transfert du savoir-faire». Alors que c'est tout le contraire. Importation quand tous nous tiens! Et pour que la pilule passe mieux le «groupe» glisse une note rassurante. Il «n'écarte pas, toutefois, la révision des taux d'intégration, une fois la production maîtrisée». En plus clair, il ne sera pas question, pour l'instant, de taux d'intégration. Retour à la case départ de 2009. C'est déjà emballé et servi. «Le programme lié au crédit à la consommation est bien lancé. Tous les aspects juridiques et techniques inhérents à ce dispositif sont pris en charge actuellement», précise le «groupe» à l'APS. Et avec tous les détails SVP. «Le montant du crédit sera égal au maximum à 70% du bien à acquérir», a décidé le «groupe», avant d'ajouter que «la durée du crédit...portera sur une période allant...de trois à 60 mois, selon le produit éligible». Ce n'est plus de la réflexion mais de la «vente à la criée». Pour éviter le surendettement des ménages, le «groupe» a prévu «que la quotité mensuelle de remboursement ne devra pas excéder 30% du revenu mensuel». Il oublie seulement de dire ce qu'il faut faire pour éviter la multiplication des crédits par un même ménage. C'est tellement biscornu qu'on comprend pourquoi c'est tout un «groupe» qui parle. Demain, devant les dégâts, on entendra le refrain «c'est pas moi, c'est l'autre!». La seule manière de limiter ces dégâts est de restreindre au maximum la liste des produits éligibles au crédit. En attendant de ne plus confondre assemblage, conditionnement, transformation avec production nationale. Quant à l'import, c'est de l'addiction!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zouhir MEBARKI
Source : www.lexpressiondz.com