Dire et oser avouer que les résultats algériens de la 16e édition des Jeux méditerranéens qui se sont déroulés à Pescara en Italie du 26 juin au 5 de ce mois, sont appréciables, c'est bien faire sienne l'expression qui dit : « Se fourrer le doigt dans l''il, mais jusqu'au coude ».
On ne peut tromper l'opinion publique par des mots qui sonnent creux quand des chiffres dégradants clignotent sur le tableau des médailles et qui situent notre pays à une bien douloureuse 14e place sur 20 classés. S'il y a une réalité, c'est sûrement celle qu'ont vécue les sportifs algériens à Pescara. Entre l'une et l'autre étapes, tout un esprit a subi des modifications en quatre années. En Italie, la discussion dans le Village méditerranéen, il faut l'admettre, tournait autour de l'hypothétique et de comment sauver les meubles. Il est nécessaire de préciser que cette raison d'éviter le naufrage est née depuis un certain temps déjà, à Alger et bien avant le départ vers Pescara. Pour illustrer la situation, il n'y avait qu'à voir comment a été accueillie la première médaille algérienne qui était de bronze et obtenue par Nabil Kebbab au 100m nage libre. C'était tout un événement et aussi un ouf de soulagement qui a donné droit à notre pays de figurer au bas du tableau des médailles. Toutefois, il n'est pas question d'enlever toute bravoure à n'importe quel Algérien médaillé. Au contraire, il faut lui accorder toutes les félicitations et tous les compliments pour sa distinction qui fait rappeler que l'Algérie est toujours sportive. On sait que dans toute planification du domaine sportif on recherche à progresser et à améliorer sa performance.Dans le cas contraire, on essaye de trouver des palliatifs pour justifier la régression pour ne pas dire l'échec. A Pescara, au vu des contre-performances, on vous dira : « C'est le tirage au sort qui nous a été défavorable », « On a perdu, mais on a gagné une équipe, soit un collectif » ou bien, la parade habituelle : « C'est l'arbitrage ». Mais dans le fond, ce ne sont ni les techniciens et encore moins les athlètes qui sont coupables de ce repli dans la stratégie de recherche de médailles. La raison, il faut la dénicher ailleurs. Dans ce contexte, il faut remonter au mois de septembre 2008 quand notre mouvement sportif national a commencé à vaciller suite aux turbulences provoquées par le processus de renouvellement des instances fédérales. Cadres comme athlètes n'étaient pas assurés de la continuité de leur présence au sein de l'élite. Ils vivent dans cet environnement et en subissent les retombées. La machine de déstabilisation ne s'est pas arrêtée puisque le Comité olympique algérien vit à l'heure actuelle un naufrage programmé qui ne dit pas son nom. Le COA a de tout temps été l'organisateur de tels événements sportifs. Cette fois, il n'a fait qu'engager les listes de la délégation pour éviter l'éviction de l'Algérie des JM. Toute cette « marmelade » a fait que les résultats sportifs subissent un net recul. Les objectifs sportifs sont devenus secondaires aux yeux de ceux qui sont censés faire la politique sportive du pays. La priorité était donnée aux coups fourrés et aux man'uvres autour des urnes fédérales. Entre Almeria 2005 et Pescara 2009, c'est un vide qui sera difficile à combler. Où sont passés les Soraya Haddad, Lamine Ouahab, Manseur, le finaliste du 800m aux JO de Pékin, et bien d'autres athlètes encore. La raison est-elle d'ordre sportif ou revêt-elle une forme de conflits personnels ' S'agit-il aussi de calculs malsains. Indubitablement, l'avenir nous le dira. Enfin, les souvenirs de Pescara sont passés du stade de rêve à celui de cauchemar.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salim R.O.
Source : www.elwatan.com