Bien que deux tendances au sein du parti se dégagent à propos des élections locales (partisans du boycott et membres favorables à la participation), le mouvement Ennahda, un des trois partis de l'Alliance pour l'Algérie verte (AAV), ne rendra sa décision qu'aujourd'hui alors qu'elle était prévue pour hier, à l'issue des travaux du Conseil consultatif.
Et pour cause, «il est difficile de trancher sur une question aussi sensible, alors que l'impasse politique nationale est toujours de mise», nous indiquait hier soir Mohamed Hadibi, cadre et député du parti, qui assurait dans une déclaration au Temps d'Algérie que les débats allaient se poursuivre hier, jusque tard dans la soirée eu égard à la sensibilité de la question. «Nous allons donc rendre publique, demain, la décision» qui émanera de la réunion du conseil consultatif dont les travaux devaient se terminer dans l'après-midi d'hier, a-t-il précisé.
Mais compte tenu des déclarations et le tableau noir désastreux de la situation politique au plan national dressé par le premier responsable d'Ennahda, Fateh Rebaï, qui s'exprimait hier à l'occasion de l'ouverture des travaux du conseil consultatif, tenus au siège du parti à Alger, il est fort à parier et ce sera dans ce cas une surprise de taille, que l'option du boycott peut l'emporter. «Nous vivons encore dans une impasse politique et des tensions sociales, surtout après les législatives qui ont abouti à un Parlement sans pouvoir et un gouvernement qui n'a ni goût, ni couleur, ni odeur», a jugé Fateh Rebaï, le secrétaire général du mouvement avant d'ajouter :
«Attendue depuis longtemps, la composante du gouvernement indique clairement que la majorité au Parlement n'est pas une réalité.» Indépendamment de la composante du gouvernement, Rebaï estime que «sa politique n'est pas différente des autres équipes gouvernementales» et qu'elle est «vouée à l'échec» car, selon lui, «elle ne reflète pas la réalité de la scène politique d'une part et d'autre part, sa composante est issue de l'ancien gouvernement «qui a montré ses limites dans la gestion et la prise en charge des préoccupations des citoyens, en particulier dans le domaine social»,
explique Rebaï avant de s'interroger «sur la capacité de l'actuel gouvernement à organiser des élections locales transparentes». «L'actuel gouvernement avec une telle composante, est-il en mesure d'organiser des élections locales transparentes et crédibles, lutter contre la corruption politique et administrative '», s'est-il demandé. «La réponse, nous l'entendons quotidiennement du peuple, des intellectuels et de l'élite politique, à l'exception des opportunistes politiques, et de ceux qui profitent de la situation actuelle, tranche-t-il, estimant toutefois que des solutions sont possibles «avec une nouvelle approche politique».
Pour Rebaï, qui doute aussi de la capacité du gouvernement à combattre le chômage, améliorer le pouvoir d'achat du citoyen ou encore de réduire l'inflation, la proposition du ministère de l'Intérieur de revoir à la baisse (de 7 à 5%) le pourcentage des suffrages exigé pour l'obtention des sièges au sein des futures assemblées locales «n'est que de la poudre aux yeux». Il estimera que l'Algérie ne peut pas éviter de réelles réformes profondes, à travers un gouvernement d'union nationale et la révision des lois sur les partis et les élections.
«Les régimes arabes 'et l'Algérie ne fait pas exception', nous ont habitués que la liberté et la démocratie exigent un effort, du travail», a-t-il argué. Attendue pour aujourd'hui, la décision d'Ennahda peut «surprendre». Son allié de l'AAV, le mouvement El Islah, devait trancher lui aussi hier soir, après avoir reporté à plusieurs reprises la décision qui allait être prise en' août dernier. La crise au MSP, les départs de cadres vers le parti de Amar Ghoul, y sont sûrement pour quelque chose.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Said Mekla
Source : www.letempsdz.com