« Il n?y aura pas de base américaine au Darfour »
En présence du ministre des Affaires étrangères, Abdelaziz Belkhadem, le ministre soudanais chargé des Relations avec le Parlement, Abdel Basset Sbderat, en visite officielle à Alger, a affirmé hier, lors d?une conférence de presse animée au Centre international de presse (CIP), que la crise du Darfour n?est qu?un « complot américain » visant à déstabiliser la région. Selon le représentant du gouvernement de Khartoum, le conflit qui a propulsé sur le devant de la scène cette partie de l?ouest soudanais, aussi grande que la France, n?est pas de l?ampleur que lui confèrent les chaînes satellitaires. Il ne s?agit pas, selon lui, d?un conflit racial opposant des Arabes et des Africains, mais d?un problème entre bergers et cultivateurs, exacerbé par la sécheresse et la circulation d?armes et facilité par l?inexistence de frontières réelles avec le Tchad où sévit une opposition armée. Si ce problème « a été monté en épingle », c?est en raison de la position géostratégique qu?occupe le Darfour dans le continent africain. Avec un sol gorgé de minéraux et de pétrole, il est proche de la Libye, du Tchad et de l?Afrique du Centre et du Sud. C?est ce qui explique, selon l?orateur, « l?emballement de la communauté internationale et du Conseil de sécurité de l?ONU qui s?est saisi du dossier avec une célérité et un intérêt jamais exprimé pendant tout le temps qu?aura duré la guerre au Soudan ». Pour le représentant du gouvernement soudanais accusé de soutenir les milices arabes du Djanjawids, la clé de sésame de ce conflit « préfabriqué » est le pétrole. « Nous sommes actuellement en train de construire un deuxième pipeline de 1400 km qui reliera le Haut Nil au port Soudan, avec l?aide d?entreprises allemandes, britanniques et françaises. En raison des lois sur le terrorisme, les Etats-Unis sont privés de l?énorme potentiel énergétique que recèle le sous-sol du Darfour. » Poussant son analyse encore plus loin, le ministre soudanais dira que « la crise du Darfour est un enjeu de la guerre électorale américaine parce qu?elle touche les Américains d?origine africaine, soit 11% de l?électorat ». S?il ne nie pas la dimension humaine de la crise, le ministre soudanais récuse les chiffres avancés par les ONG concernant le nombre de victimes et de déplacés. Il n?y a pas, non plus, de reprise des combats, comme annoncé par les médias, a-t-il encore soutenu. Remerciant l?Algérie pour son soutien, le ministre soudanais a regretté le fait que « le conflit du Darfour soit venu anéantir tous les efforts déployés des années durant pour mettre fin à la guerre civile au Soudan ». Pour autant, il s?est montré confiant. « Nous sommes capables de régler le problème. Nous n?avons pas besoin d?intervention étrangère et il n?y aura jamais de base américaine au Soudan », a-t-il insisté. « Le règlement du conflit du Darfour doit rester dans le cadre de la convention de paix. Nous pouvons assurer la sécurité sur notre territoire », a-t-il ajouté. « L?Algérie est solidaire avec ses frères au Soudan », a déclaré, de son côté, Abdelaziz Belkhadem. « Il n?y a pas d?épuration ethnique, pas de génocide. Il s?agit d?une affaire interne au Soudan qui doit être réglée dans le cadre de son intégrité territoriale. » C?est dans ce sens, a poursuivi le ministre, que l?Algérie a travaillé et a réussi à assouplir l?avant-projet de résolution du Conseil de sécurité pour le Darfour et à rallonger le délai accordé au gouvernement soudanais pour désarmer les milices.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Zergane Mounia
Source : www.elwatan.com