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Le ministère de la Justice répond à Rachid Nekkaz



Dix jours après la publication de la lettre ouverte dans laquelle Rachid Nekkaz réclamait du ministre de la Justice sa remise en "liberté immédiate" pour vice de forme, le département de Belkacem Zeghmati vient de publier une réponse dans laquelle il rejette la demande du détenu politique en estimant qu'il n'y a aucun vice de forme dans la procédure de mise en détention du détenu politique."La lecture des articles 166, 186 et 190 du code de procédure pénale nous permet d'affirmer avec certitude que la mise en détention du dénommé Rachid Nekkaz est légale et ne souffre d'aucune irrégularité", a affirmé le ministère dans un communiqué, rendu public hier, en soulignant que cette conclusion fait suite à une enquête administrative ordonnée par le ministre le 2 décembre pour vérifier le bien-fondé des "allégations" de Rachid Nekkaz.
Dans sa réclamation, Nekkaz avait affirmé que la prolongation de sa détention provisoire constituait un vice de forme dans la mesure où, avait-il écrit, elle a été signée le 5 avril au lieu du 4 étant donné que son incarcération est intervenue le 4 décembre 2019 : "(...) Un juge de la chambre d'accusation de la cour d'Alger a violé la loi, notamment l'article 128 du code de procédure pénale qui interdit de prolonger un mandat de dépôt de façon rétroactive avec 24 heures de retard (...) Le renouvellement de ma détention provisoire devait avoir lieu dans un délai de quatre mois à partir de la date de mon incarcération le 4 décembre 2019", a-t-il expliqué pour justifier "l'illégalité de sa détention".
Détaillant toute la procédure suivie depuis l'inculpation de Rachid Nekkaz et sa mise en détention par le tribunal de Dar El-Beïda, le ministère de la Justice a estimé que la requête du détenu n'était pas fondée. "Même si la chambre d'accusation a ordonné la prolongation avec effet rétroactif, elle n'a aucun incident juridique sur la détention provisoire qui a été reconduite de plein droit", peut-on lire sur le texte du ministère qui a également affirmé que la "chambre d'accusation s'est conformée aux dispositions de l'article 197-bis du code de procédure pénale qui stipule que la décision sur le fond doit être rendue dans un délai ne dépassant pas les 4 mois".
Rachid Nekkaz a été arrêté en décembre 2019 et poursuivi pour "menace de mort" et "mise en danger de la vie d'autrui" en raison de la diffusion d'une vidéo dans laquelle il menaçait les députés de les "passer à la kalachnikov" s'ils votaient en faveur de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, adoptée en novembre 2019.

S. OULD ALI
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