Le Midi-Minuit a perdu sa boule ou plutôt l'écusson bleu en relief qu'il avait à son fronton et où étaient burinées les armoiries de ce cinéma de quartier. Effacé ou de préférence chaulé en ignorance de cause, l'emblème du Midi-Minuit n'y est plus, du moins lors de notre passage en ce Jour le plus long (The Longest Day) de Ken Annakin (1962) qui correspond au jeudi 6 juin. "Je ne l'ai pas remarqué et je vais de ce pas y voir ça de plus près", a déclaré Abdelhakim Bettache, le P/APC d'Alger-Centre au lendemain de cette ignominie perpétrée sans doute à l'aveuglette contre ce cinoche de proximité. À ce titre, le cessionnaire (locataire-exploitant) se devait de recueillir d'abord l'aval du propriétaire, en l'occurrence l'APC, avant d'engager des travaux qui pourraient abîmer l'esthétique architecturale du bâti.Et c'est le cas pour l'enseigne qu'il est difficile de décalquer à l'identique, étant donné que la frise gît sous une épaisse couche de peinture. C'est triste ! Devenu méconnaissable, son issue de secours n'est plus qu'un desk où le cornet de cacahuètes qui s'accompagne au thé, ont remplacé l'esquimau ainsi que l'affiche du "prochainement sur nos écrans". Cédé par l'APC d'Alger à la gestion locative d'un adjudicataire privé, le Midi-Minuit n'est plus ce qu'il était comme du temps où il égayait la rue Abdelkader-Hassina (ex-général Alfred-Chanzy 1823-1883), une ruelle perpendiculaire à l'avenue Larbi-Ben M'hidi et à la rampe Mostefa-Ben-Boulaïd (1917-1956) (ex-Magenta).
Ceci dit, et pour l'heure, la salle Algeria, sise à la rue Didouche-Mourad est camouflée sous le fard ou la feinte que permet le cache-misère de l'hideux revêtement de l'alucobond. Néanmoins, la réouverture de l'ancien Versailles retrouvera d'ici peu sa devanture originelle taillée expressément dans le marbre gris, a-t-on su du maire d'Alger. "Sachez que le choix d'avoir recours à la pose de panneaux dans le genre Alucobond a été décidée en mon absence. Et pour y remédier à cette malfaçon, l'opérateur en charge des travaux a été instruit de restituer à l'Algeria l'initiale façade qui était la sienne", a conclu notre interlocuteur.
Louhal Nourreddine
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Louhal Nourreddine
Source : www.liberte-algerie.com