Après les avions, le métro' C'est la grande question que se posent les Algérois, depuis la réouverture partielle des frontières, décidée, dimanche dernier, lors du Conseil des ministres. En effet, à peine le temps de savourer cette bonne nouvelle que le débat sur la reprise de l'activité de ce moyen de locomotion a été relancé.Sur la Toile ou dans la rue, les habitants de la capitale ont exprimé leur étonnement de voir le métro toujours immobilisé. «Aujourd'hui que les frontières vont être ouvertes, l'argument du coronavirus ne tient plus. Ouvrez-nous le métro...», écrit, sur sa page facebook, Bilel, un habitant de la commune de Bachdjarah. Ce message a suscité un grand intérêt. Une centaine de partages et des commentaires ont suivi, quelques minutes après sa mise en ligne. Tous appelaient à ce que ce type de transport public, ô combien salvateur, reprenne du service. «On souffre autant que les personnes bloquées à l'étranger. On est pris en otage par les taxis et autres transporteurs pour pouvoir nous rendre au centre d'Alger», dénonce Kenza, une autre internaute qui a exprimé son grand ndésarroi sur les réseaux sociaux.
Comme Bilel, elle estime que l'excuse de la Covid-19 n'est plus valable pour maintenir à l'arrêt le métro. «Elle ne l'est plus, d'ailleurs, depuis que le train et le tramway ont été autorisés à circuler», a-t-elle soutenu. Chose que lui confirme un autre usager, qui l'invite à rejoindre un groupe qu'il a créé afin de signer une pétition pour cette reprise. «Le métro est mieux organisé que le train et le tram. Il est plus facile de contrôler la distanciation sociale que dans ces deux autres types de transport, où on est collé les uns aux autres», note-t-il. Celui qui semble très en colère par le maintien à l'arrêt du métro d'Alger, rappelle que ce moyen de locomotion circule le plus normalement du monde dans les pays les plus touchés par la pandémie. «Alors pourquoi est-il toujours interdit de circuler en Algérie'», se demande-t-il, à l'instar de milliers de ses autres compatriotes.
La même question s'était posée lors du premier déconfinement, au mois de novembre dernier, lors de la reprise des activités des transporteurs publics. On annonçait que la reprise du métro devait suivre, graduellement, dans les prochaines semaines. Presque six mois après, point de rame au bout du tunnel! Pourtant, il s'agit là d'une chose plus que vitale pour une grande capitale, qui plus est, qui souffre de grands problèmes d'embouteillages.
Le métro avait absorbé une partie de ce problème, surtout pour le centre-ville d'Alger. La majorité des banlieusards ou ceux qui venaient d'autres wilayas préféraient s'arrêter à la périphérie pour continuer en métro, évitant les embouteillages et les problèmes de stationnements. Que se cache-t-il alors derrière cette histoire' Pourquoi la tutelle continue-t-elle de priver des milliers d'usagers d'un service public qui a coûté des millions de dollars au pays' D'ailleurs, la facture continue d'être salée puisque son lourd entretien n'est pas couvert par une quelconque rentrée d'argent. Cela fait plus d'un an qu'il est à quai! Les usagers, qui sont avant tout des clients, sont en droit de savoir. L'Entreprise du métro d'Alger, EMA, doit leur fournir des explications, surtout que ce silence intrigant a ouvert la voie aux rumeurs les plus folles.
À l'image de celle qui parle de défauts dans les stations, qui risquent de s'effondrer du jour au lendemain.
D'autres vont plus loin en évoquant une «prise d'otages» de l'ancien gestionnaire, la Ratp, qui refuserait de donner à son successeur les codes de logiciels de gestion.
Bref, des supputations que nous avons tenté de dissiper, en contactant le service de communication de l'EMA. Mais la standardiste nous a fait savoir qu'il n'y avait personne dans ces bureaux. Il était 11 h du matin. Ils n'ont peut-être pas trouvé de métro pour arriver sur leurs lieux de travail...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Walid AIT SAID
Source : www.lexpressiondz.com