L'Algérie a, une nouvelle fois, appelé la France à reconsidérer son passé colonial, particulièrement en ce qui concerne le volet des violations des droits de l'homme et les crimes contre l'humanité commis contre le peuple algérien. Le président Abdelaziz Bouteflika l'a, en fait, clairement suggéré, sinon souhaité, lors de la commémoration des massacres du 8 mai 1945. Bien plus, le président n'a fait qu'exprimer tout haut un souhait de tous les intellectuels, des moudjahidine et victimes et parents de victimes de certains pogroms commis en terre algérienne par la colonisation française. En appelant à une «reconstitution historique, réaliste et sincère, d'un passé colonial qui a laissé des blessures profondes au sein du peuple algérien», il a suggéré aux nostalgiques de l'Algérie française de regarder la réalité en face, et de reconnaître, une fois pour toutes, tous les crimes contre l'humanité commis en Algérie entre 1830 et 1962, particulièrement les massacres de mai 1945, au lendemain d'une seconde guerre mondiale où les tirailleurs algériens, marocains et tunisiens avaient contribué à libérer la France du joug des Nazis. Une exigence officielle algérienne devenue réalité dès lors que la France officielle avait plébiscité le fait colonial en février 2006 et souligné qu'il s'agissait d'une oeuvre positive. Mais, durant ces derniers mois, de plus en plus de voix officielles françaises commencent à s'élever pour tordre le cou à certains tabous, et reconnaître certains massacres commis en Algérie par l'armée coloniale française. L'exemple de l'ambassadeur français à Alger qui a reconnu, plus que par le bout des lèvres, les atrocités commises contre le peuple algérien au lendemain de la fin de la seconde guerre mondiale à Kherrata, Sétif, Guelma notamment, peut-il, en fait, absoudre la frilosité officielle française à faire un pas en avant pour une vraie reconstitution de ce qui s'est passé en Algérie ? A Alger, pourtant, les milieux officiels restent attentifs à ces ?''bruissements politiques parisiens''. Le président de la République s'est, par ailleurs, dit «extrêmement attentif à toutes les voix qui s'élèvent en France» contre le déni de l'histoire, tout en s'interrogeant sur l'»étrange révisionnisme» qui s'est emparé de certains secteurs de l'opinion française. »Nous sommes extrêmement attentifs à toutes les voix qui s'élèvent en France pour rompre avec le déni de l'histoire, en particulier en ce qui concerne le 8 mai 1945", a-t-il dit. Il s'agit là, en réalité, d'un premier pas, important mais pas suffisant, vers la reconnaissance de ce qui s'est passé en Algérie. Pour le président Bouteflika, ?''ces voix ouvrent la voie à une réconciliation véritable et durable entre les peuples algérien et français», ajoutant que «depuis la reconquête de son indépendance, il y a presque un demi-siècle, l'Algérie s'est efforcée de construire, avec ses voisins et notamment avec la France, des rapports de coopération et de partenariat fondés sur la proximité géographique, l'intérêt mutuel et le respect de la souveraineté nationale», a-t-il souligné. Une réconciliation entre l'Algérie et la France est possible, il y a pour cela l'exemple des Allemands qui ont reconnu les crimes des Nazis. Il s'agit, dès lors, pour la France politique actuelle et à venir de faire ce geste si important et si civilisé, de reconnaître ce qui s'est passé de ?''moche'' dans cette sauvage colonisation de l'Algérie, et le déni de l'identité de son peuple pendant un siècle et demi. L'Allemagne a été forcée de s'excuser, et la France s'est montrée bien aise. Pourquoi ne condescend-elle pas, à son tour, de s'excuser pour le fait colonial et l'asservissement de tout un peuple, le pillage de ses richesses et l'effacement de son identité culturelle ? »Il est clair, cependant, que le déni de l'histoire, cet étrange révisionnisme , qui s'est emparé de certains secteurs de l'opinion française, ne contribue pas à approfondir des relations qui devraient privilégier la construction des solidarités du futur», a laissé entendre le président Bouteflika plus que jamais favorable à une Vraie réconciliation entre les deux peuples.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Babès
Source : www.lequotidien-oran.com