Avec l?évolution que connaît, à l?échelle mondiale, l?industrie pharmaceutique, penser à une nouvelle stratégie de développement du secteur est, sans conteste, un passage obligé pour l?Algérie.Une réalité que les professionnels, producteurs et importateurs de médicaments ne nient pas, mais restent, tout de même, sceptiques sur le choix de la nouvelle politique à adopter. Un choix qui nécessite une réflexion approfondie entre toutes les parties concernées, pouvoirs publics et professionnels. Dans ce cadre, l?Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP) organise entre le 22 et 23 octobre un colloque international sur «les perspectives de développement de l?industrie pharmaceutique en Algérie dans le nouveau contexte international». Cette rencontre est prévue à l?hôtel El Aurassi en présence d?opérateurs, d?experts et chercheurs nationaux et internationaux. Le débat sera donc ouvert pour étudier la question sous toutes ses facettes que ce soit en matière de production, d?importation, de conditionnement, de contrôle, de commercialisation du médicament et l?impact prévisible de l?adhésion de l?Algérie à l?OMC.Ce produit essentiel a, souvent, été sujet à polémique entre le gouvernement et les professionnels.Les dernières déclarations du ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière, Amar Tou, critiquant la qualité des médicaments importés et fabriqués localement a été un véritable pavé dans la mare et remis en cause toute la politique adoptée, jusqu?à présent, dans le secteur. Ces propos, lancés alors que l?Algérie est en pleine négociation pour son adhésion à l?OMC, ont fait grincer des dents des professionnels et semer les doutes sur les compétences nationales. Un doute qui a gagné les malades et suscité des interrogations sur la qualité du produit vendu dans les pharmacies. Nos médicaments sont-ils aussi fiables que les autres produits commercialisés sur le marché international? Sont-ils contrôlés conformément à la réglementation ? Ce sont les questions que se posait la majorité des malades au moment où toute une campagne est lancée, tambour battant, sur le médicament générique.Réagissant aux propos du ministre qu?elle a qualifiés de graves, l?UNOP a répliqué que «la prévalence des cas de pharmacovigilance n?est pas plus élevée que les autres pays». Elle a considéré ces déclarations comme un acte qui va dans le contresens du tarif de référence mis en place par le ministère du Travail et de la Sécurité sociale.L?UNOP a aussi rappelé au ministre concernant les dispositions de contrôle mises en place par l?Etat que «La première règle étant que tout médicament enregistré (importé ou fabriqué) doit être commercialisé dans le pays d?origine, et subit toutes les expertises cliniques et galéniques par des experts nommés par le ministre de la Santé». L?Union s?est défendue en soulignant «l?existence d?un centre de pharmacovigilance sous la tutelle du ministère de la Santé chargé de signaler toute anomalie qualitative des produits pharmaceutiques».Le débat sur le sujet n?est pas encore clos et les participants au colloque auront une nouvelle occasion de donner une meilleure explication de la situation et, si nécessaire, mettre les points sur les «i» à ce propos.La qualité du médicament n?est pas le seul «sujet» qu?affrontent les professionnels. Ces derniers avaient tiré la sonnette d?alarme sur la menace qui pèse sur la profession et l?absence de dialogue et de concertation avec les pouvoirs publics concernant les nouvelles dispositions appliquées et contenues dans le cahier des charges du 6 juin 2005. La «levée de l?obligation d?investir et l?ouverture totale du marché sans contrepartie, la levée de l?obligation d?importer des produits ayant une durée de vie supérieure aux deux tiers de la vie totale du produit ainsi que l?obligation pour les laboratoires» étrangers installés en Algérie d?être les importateurs exclusifs de leurs produits sont les clauses introduites dans le document et qui ne semblent pas arranger les professionnels sur le plan maîtrise du coût et dépenses.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : B Mokhtaria
Source : www.lequotidien-oran.com