
Selon le chef de la diplomatie sahraouie, le Maroc n'aura pas d'autres choix, au sein de l'Union africaine, que de respecter ses engagements, au risque de se voir mis au pied du mur par l'organisation panafricaine."Il y a des contradictions dans la démarche du Maroc, mais ce pays, admis en tant que 55e membre de l'Union africaine, a signé et ratifié l'acte constitutif de l'organisation, et sera désormais comptable devant la communauté africaine. Il ne s'agit plus de la République sahraouie, mais de l'UA, de sa stabilité et de son avenir", a déclaré, hier, le ministre des Affaires étrangères de la République sahraouie (RASD), Mohamed Salem Ould-Salek, lors d'une conférence de presse qu'il a animée au siège de l'ambassade de la RASD, à Alger. Le diplomate sahraoui est revenu sur les travaux du dernier sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA, qui se sont déroulés les 30 et 31 janvier dernier, à Addis-Abeba (Ethiopie), pour dénoncer "les gros mensonges" colportés par le voisin de l'ouest et relayés par des médias, marocains et étrangers, notamment français.Tout en réaffirmant que le Maroc "n'a pas posé de conditions ni fait des réserves sur l'acte constitutif de l'UA", M. Ould-Salek signe et persiste : "L'adhésion du royaume du Maroc à l'UA a été décidée par consensus et sans vote, après 4 heures de débats". Selon lui, le 30 janvier, "trois points de vue" se sont dégagés lors des débats. Celui du groupe des "poids lourds" de l'Union africaine (14 pays), dont l'Afrique du Sud, qui considèrent le Maroc comme "l'occupant, semblable au régime d'apartheid, qui doit mettre fin à son occupation illégale au Sahara occidental, avant son adhésion à l'UA". Celui du groupe de "pays qui se comptent sur les doigts d'une seule main", dont le Sénégal et le Gabon, qui soutiennent le Maroc et qui ont voulu une adhésion de ce pays "sans condition". Et enfin, celui de la majorité des pays (39 pays) qui, après avoir pesé sur la balance l'adoption et la ratification des textes de l'UA par le Maroc "sans réserve", y compris le volet sur les frontières, ont accepté son admission.Le nouvel état membre de l'UA"Durant les débats, des pays du deuxième groupe, comme le Sénégal, ont appelé à l'adhésion du Maroc pour, disaient-ils, se réunir autour de la table africaine et aider à trouver une solution au conflit", a indiqué le conférencier. Et, pour mettre fin aux "mensonges" propagés après le sommet d'Addis-Abeba, ce dernier a lu les termes de la "décision" de l'UA, qui prend en compte à la fois "la demande d'adhésion" du Maroc à l'acte constitutif, son "admission comme membre de l'UA", le "débat" sur la question et "l'avis juridique" du conseiller juridique de l'UA. Autre point signalé : la demande marocaine représente pour l'Union africaine une occasion de "réunification de la communauté africaine des Etats" sur la base des valeurs des "pères fondateurs" : la solidarité, l'unité, la liberté et l'égalité. La décision de l'UA rappelle enfin que le Maroc est admis comme "nouvel Etat membre de l'UA", conformément aux articles 9 (c) et 29 de l'acte constitutif. "Le temps des mensonges est court et comme dit un proverbe sahraoui : celui qui se cache derrière les jours est nu", a déclaré le diplomate, référence aux déclarations de victoire, avant de lancer : "Nous l'attendons au tournant, maintenant". Au cours du débat, M. Ould-Salek n'a pas exclu les "arrière-pensées" de l'occupant marocain ni que celui-ci "est en train de man?uvrer", sans écarter cependant que ce pays "habitué à piéger, s'est autopiégé", car "il se trouve directement en confrontation avec les Nations unies et l'Union européenne qui lui disent : le Sahara occidental est un territoire à part, tu n'as pas de souveraineté sur ce territoire". "Nous sommes dans une nouvelle étape qui va créer une dynamique. C'est un événement qui, à la fin, imposera au Maroc de respecter ses engagements. Sinon, il sera mis au pied du mur par l'UA", a révélé le ministre, avant d'ajouter : "Le Maroc sera obligé à la fin de reconnaître la réalité et de vivre en harmonie avec ses voisins... Espérons que ce soit le plus tôt possible".Hafida Ameyar
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Merzak Tigrine
Source : www.liberte-algerie.com