En dépit des efforts consentis par l'Exécutif, l'érosion du pouvoir d'achat des Algériens se poursuit.
La persistance de la hausse des cours mondiaux des matières premières agricoles et des produits alimentaires de base a eu des conséquences directes sur le marché national. Cette augmentation s'est traduite par une hausse similaire des produits sur le plan local. La flambée des prix a engendré des perturbations notamment un déséquilibre entre l'offre et la demande. Le ministère du Commerce a constaté une augmentation de la consommation des produits de large consommation suivie inéluctablement d'une hausse des prix.
Le relevé moyen des prix à consommateur établi par le département de M. Benbada entre le deuxième semestre 2011 et le premier semestre de l'année en cours, affiche un accroissement des tarifs de la majorité des légumes. C'est le cas de la pomme de terre qui est passée de 46 DA à 63 DA en moyenne avec des pics atteignant les 100 DA à l'approche des élections législatives de mai dernier. Le prix de la tomate a augmenté lui aussi, de 64 DA à 85 DA pendant la même période de comparaison. Ces deux exemples illustrent parfaitement les dysfonctionnements qu'a subis l'Algérie à cause de ces contraintes internationales mais aussi à celles enregistrées localement liées, entre autres, à la faiblesse des récoltes, provoquées par les conditions climatiques, telles que la sécheresse, les intempéries, les inondations... Les viandes n'ont pas échappé à cette flambée d'autant plus que l'ovin a augmenté de 883 DA à 1 027 DA durant la même période d'observation. Si les services du ministère mentionnent une certaine stabilité des prix du bovin à 848 DA entre 2011 et 2012, la réalité du terrain est en revanche tout autre.
La viande bovine est cédée actuellement à plus de 1 200 DA dans plusieurs quartiers d'Alger. Le même topo est constaté dans la filière des viandes blanches dont les prix avoisinent les 300 DA. Certes, Alger n'est pas l'Algérie mais force est de constater que quelconque hausse remarquée dans la capitale se répand rapidement à travers tout le territoire national. Devant pareille situation, le gouvernement a, selon le ministre du Commerce, M. Mustapha Benbada, invité hier du forum de Liberté, pris un certain nombre de mesures.
Des politiques publiques inefficaces !
Les premiers balbutiements de cette stratégie viennent de voir le jour. Le ministre a mis l'accent sur le plafonnement du prix de vente à consommateur à 600 DA le bidon d'huile et à 90 DA le kilogramme de sucre. Le ministre a également souligné que depuis 2011 le dispositif de soutien des prix (farine panifiable, semoule, lait pasteurisé en sachet a été élargi aux huiles brutes de soja et au sucre roux. M. Benbada a évoqué le dispositif permanent régi par le décret exécutif n°11-108 du 06 mars 2011 qui consacre un prix plafond à consommateur, une marge plafond à la production, à l'importation et à la distribution.
Conformément à cette réglementation, l'Etat, a expliqué Mustapha Benbada, procède au remboursement des opérateurs en cas d'augmentation des prix des matières premières sur les marchés mondiaux. 'L'accord conclu le 9 janvier 2011 avec les opérateurs de ces produits, et prévoyant l'application immédiate d'un prix plafond à consommateurs pour ces produits, a engendré un soutien financier de 3,45 milliards de dinars, versé aux opérateurs au titre de cette opération", a-t-il affirmé.
Depuis la mise en 'uvre du dispositif, le montant de la compensation du différentiel des prix à l'importation a été, d'après lui, évalué à 1,2 milliard de dinars pour l'huile brute de soja. Par ailleurs, une réflexion est engagée, avec le ministère de l'Agriculture pour, a-t-il précisé, la création d'entreprises publiques de distribution.
Celles-ci ont pour charge de soutenir les efforts des pouvoirs publics dans le domaine de la régulation du marché en produits alimentaires de base. 'Cette préoccupation est dictée par la nécessité de sauvegarder le pouvoir d'achat des citoyens suite à la carence constatée des réseaux de distributions privés qui n'ont pas pu se structurer de manière professionnelle, dans un contexte tendu des flux des produits de base sur le marché mondial", a argué le premier responsable du département du commerce. Une chose est sûre, toutes ces hausses confirment que l'Etat n'a aucune maîtrise sur les prix et que les politiques publiques préconisées dans ce sens, ont montré leurs limites.
B K
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Badreddine KHRIS
Source : www.liberte-algerie.com