Alger - A la une

«Le manga algérien raconte votre quotidien»



Elle étudie la littérature classique au Japon en plus d'être traductrice. Elle était présente durant la 14e édition du Festival international de la bande dessinée d'Alger qui s'est tenu du 04 au 08 octobre dernier. Elle était la présidente du jury au concours du cosplay. Elle anima aussi une importante conférence où elle fera part du regard que porte le Japon sur la bande dessinée et le manga algérien. Elle nous en parle ici...L'Expression: Pourriez-vous vous présenter'
Etsuko Aoyagi: Je suis professeure de littérature classique et aussi traductrice. J'ai traduit, notamment Le fils du pauvre de Mouloud Feraoun vers le japonais, mais aussi «Le village de l'Allemand» de Boualem Sansal. Je traduis et je publie aussi. Je suis assez sérieuse, mais en même temps depuis une dizaine d'années je me suis intéressée au mouvement de la création au manga par les jeunes Algériens. Ce qui m'intéresse c'est leur passion de décrire leur propre vie, leur quotidien. C'est vraiment important et c'est plus intéressant qu'un roman bien sophistiqué ou philosophique. J'aimerai bien continuer à observer si possible et analyser ces BD en ayant des contacts avec ces jeunes artistes algériens. J'ai été invité en tant que présidente du jury du cosplay où j'ai eu l'occasion de faire connaissance avec beaucoup d'Algériens.
Vous aviez donc une idée sur la bande dessinée en Algérie avant de venir'
Oui j'ai beaucoup de respect et d'admiration pour la création de manga par les Algériens. La plupart sont amateurs. Ce n'est pas l'intérêt commercial qui les anime. Mais ils cherchent leur style et leur thème, à trouver la façon de s'exprimer. C'est une passion naturelle et pure. D'ailleurs, je suis venue au Fibda pour animer une rencontre sur le regard du Japon sur le manga algérien. J'ai parlé de mes expériences et découvertes du manga algérien, par ce que même au Japon, on ne sait pas qu'il ya en Algérie des bédéistes qui font du manga japonais. J'ai déjà eu l'occasion de mettre en relation mes étudiants avec le manga algérien et ainsi susciter leur curiosité sur le manga dans le monde. L'étudiant japonais ne sait même pas déjà où se trouve l'Algérie, mais une fois où j'ai présenté plusieurs résumés du manga algérien avec des traductions, ils ont été surpris. Ils ont eu à lire ces textes traduits et puis établi une rencontre en zoom (questions/réponses) avec Salim Brahimi (Le commissaire du Fibda). Ce qui m'a vraiment impressionné c'est que les jeunes étudiants japonais ont été d'emblée admiratifs vis-à-vis des créateurs et artistes algériens. En général les étudiants japonais ont l'esprit fermé, mais si on leur donne l'occasion d'échanger d'une manière directe ça les aide à ouvrir leurs pensées. L'échange s'est déroulé en ligne et cela s'est bien passé.
Est-ce que la BD algérienne est présente au Japon'
Pas encore. Malheureusement. Mon rêve est que je puisse traduire des ouvrages algériens pour les Japonais et offrir comme récompenses aux artistes algériens des ouvrages japonais.
En matière de littérature quels sont les autres auteurs algériens que vous connaissez'
J'ai rencontré Yasmina Khadra au Centre culturel algérien de Paris. J'ai lu pas mal de livres de lui. Il m'intéresse beaucoup. J'ai beaucoup aimé «Ce que le jour doit à la nuit». Je l'ai trouvé excellent.
Vous parlez très bien le français pour une Japonaise...
Merci beaucoup. Je vis au Japon et je n'ai aucune occasion de parler le français au Japon. J'ai appris la langue grâce à la lecture de livres en français.
Le manga c'est vraiment la BD du pays ou bien vous lisez autre chose'
Pour moi c'est un gros problème. Le manga est répandu dans tout le japon et c'est très commercialisé. On en édite un nombre infini d'exemplaires. Les Japonais ne connaissent pas les autres styles de BD qui existent ailleurs de par le monde. Mon but est d'introduire les autres styles de manga ou de BD qui sont produits ailleurs. J'ai traduit trois adaptations d'ouvrages d'Albert Camus, faits par le bédéiste français qui s'appelle Jacques Ferandez. La bande dessinée franco-belge n'est pas très connue non plus au Japon. Il faut donc faire un effort supplémentaire pour introduire les diverses sortes de bandes dessinées dans le monde au Japon.
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