Le talentueux musicien et chanteur malien Boubacar Traoré donnera, ce soir, à partir de 19h, un concert, à l'Institut culturel français à Alger.
Les fans de musique africaine pourront s'enivrer de certains titres phares du répertoire de Boubacar Traoré. Idole de la côte ouest africaine dans les années 1960, Boubacar Traoré est redécouvert dans les années 1980. Faisant ce qu'il a toujours voulu faire, la musique, il suit une véritable quête identitaire : rendre au blues toute son essence africaine. Boubacar Traoré est né en 1942 à Kayes (400 kilomètres de Bamako). Il réveille les Maliens par l'intermédiaire de la radio et ses chansons «Mali Twist» et «Kayeba», dans lesquelles il incitait ses compatriotes à revenir et à construire le pays, deviennent des tubes. Plus connu sous le surnom «Kar Kar» - celui qui excelle dans les «dribbles», surnom donné lorsqu'il était footballeur -, il était aussi appelé «l'Elvis du Mali» ou encore le blouson noir à cause de ses jean et veste en cuir noir importés d'Europe. Le jeu de guitare suave, le vague à l'âme et la poésie dans le c'ur, Kar Kar égrène des chansons épurées, inspirées de la tradition kassonké. L'essence du blues est bien là, l'Afrique reprend son héritage pour mieux l'investir. Il parle des traditions africaines dont le symbolisme et l'exotisme ne livrent souvent pas leurs secrets aux Blancs. Le rocker est un symbole du jeune Mali indépendant. Il offre ses chansons à la nation et, comble de bonheur, épouse Pierrette, l'amour de sa vie. En 1968, Modibo Keïta renversé, Kar Kar disparaît des ondes pour l'avoir trop chanté. Il passe près de 20 ans hors du monde musical. En 1975, son père mort, il ouvre un petit commerce à Kayes et cultive son champ pour nourrir la famille. En 1987, son passage à la télévision malienne est une résurrection. En 1989, Stern's publie son premier CD international. Mais le destin s'acharne. Pierrette meurt en donnant naissance à sa fille Zévilé. Kar Kar connaît le blues. Témoins les disques sublimes et dépouillés qu'il enregistre depuis. (Catherine Michel) Sa discographie est des plus riches. En témoignent les titres suivants : Mali Denhou, Kongo Magni, Best of, Je chanterai pour toi, Macire, Sécheresse, Sa golo, Mariama, Kar kar, Mariama (1990) à Mali Denhou (2011). A la fin des années 1980, il émigre en France, travaille sur les chantiers, marteau piqueur en main. Il dira à ce propos à l'écrivain belge Lieve Joris qui lui consacre l'essentiel de son livre Mali Blues : «Mon coeur était plein d'amertume. Tout le monde pensait que j'allais devenir fou. Je n'avais jamais gagné de quoi vivre en faisant de la musique. Pas même de quoi me payer des cigarettes. J'ai voulu tenter ma chance».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lamia S
Source : www.lnr-dz.com