
La recrudescence des attentats terroristes, œuvre des islamistes, au coeur de la capitale malienne a montré la fragilité de la situation dans ce pays voisin. La situation aurait été moins inquiétante si l'insécurité et les différents politiques étaient limités dans le temps et dans l'espace. Mais la crise malienne ne peut pas être dissociée du contexte politique et sécuritaire régional, voire international.Le groupe terroriste Al-Mourabitoune, qui a revendiqué la fusillade de vendredi soir à Bamako, dans laquelle ont péri des étrangers, a remis sur table la question de la lutte contre le terrorisme islamiste dans le Sahel. Régulièrement attaqués, les camps de la Mission intégrée de l'Onu pour la stabilisation du Mali (Munisma) sont aussi un important indicateur de la gravité de la situation dans ce pays, sous perfusion économique depuis des décennies. C'est une raison pour laquelle tous les analystes et l'ensemble des parties impliquées dans le processus de paix inter-malien sont d'accord à penser que seule la réussite de la mise en œuvre de l'Accord d'Alger, du 2 mars, est à même de ramener la stabilité à Bamako et dans tout le Sahel. Car, l'opération française Barkhane et la présence des soldats onusiens ne peuvent pas venir à bout du terrorisme sans une véritable paix entre Bamako et les mouvements politico-armés du Nord, rassemblés au sein de la Coordination des mouvements de l'Azawad. C'est ce qui explique donc la pression accrue sur la CMA pour parapher, au plus vite, l'Accord de paix de la médiation internationale, pour passer à la seconde étape, consistant à lutter contre Al-Mourabitoune, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest avec plus d'efficacité. Toutefois, la partie ne peut être véritablement gagnée si la lutte n'est pas menée à une échelle régionale. Soigneusement préparée, l'attaque du vendredi qui a fait cinq morts, dont un Français et un Belge, et huit blessés, parmi lesquels figuraient des spécialistes en munitions suisses, est intervenue la veille de la diffusion par le groupe terroriste nigérian Boko Haram d'une vidéo annonçant son allégeance à l'Etat islamique (Daech). Ce qui n'est pas de nature à rassurer tout ce monde qui craint un embrasement généralisé dans tout le Sahel, de l'Afrique de l'Ouest (Nigeria, Cameroun) et les pays de l'Afrique du Nord, plus précisément en Libye et en Egypte. Qualifié de coup de bluff parcertains commentateurs occidentaux, vu les barrières géographiques, l'allégeance de Boko Haram à l'Etat islamique, qui sévit en Irak et en Syrie, est à prendre pourtant au sérieux. Chacun est au courant de l'existence d'une branche africaine de l'Etat islamique en Libye. Ce qui élimine de fait l'argument de l'éloignement géographique, évoqué précédemment. Si, pour le moment, Boko Haram a circonscrit son activité terroriste à la partie nord du Nigeria, tout en tentant des incursions dans les provinces frontalières des voisins camerounais et tchadiens, on ne peut pas ignorer les connexions établies par ce mouvement avec les groupes terroristes agissant au Nord-Mali.Les services de renseignements occidentaux ont révélés que Boko Haram entretient des liens très étroits avec les mouvements terroristes maliens. Autrement dit, rien n'exclut, pour les mois et années à venir, une fusion de tous ces mouvements avec Boko Haram, bien qu'actuellement et en dehors de l'idéologie islamiste, leurs intérêts divergent. En résumé, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, va-t-il donc céder aux exigences de la CMA, en lui accordant sa principale revendication concernant le statut de l'Azawad, afin d'éviter à son pays une catastrophique plongée dans la crise sécuritaire ' Le Président malien est face à plusieurs choix, qui ne pourront pas satisfaire tous les Maliens. Mais ces derniers sauront-ils faire des concessions au nom de la stabilité de leur pays et de la nécessaire sauvegarde de l'unité nationale ' L. M.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lyès Menacer
Source : www.latribune-online.com