Partout on ne discute plus que de ces batailles locales autour de la présidence des Assemblées populaires, à moins de 48 heures de l'expiration du délai pour la désignation de l'exécutif aussi bien pour les communes que les wilayas en «ballottage». Pas seulement dans les cafés ou les lieux de travail mais jusqu'au sein des familles où se répercutent les clivages locaux. L'enjeu local est tel que dans plus d'une commune, des citoyens ont fait le «pied de grue» devant le siège de leur mairie «guettant» le résultat du conclave devant désigner leur édile local. Un peu comme on attend, à Rome, la fumée blanche du Vatican annonçant la désignation du pape. Batailles parfois épiques et étonnantes. Comme celles d'Alger, qui n'ont pas eu les résultats attendus.
Là où l'ancien parti unique n'a pas eu la majorité comme dans plusieurs circonscriptions de la capitale, sa coalition avec le Rassemblement national démocratique (RND), entre autres, a explosé en plein vol. Comme à Kouba, où des tractations secrètes ont mis fin à dix ans de «règne» du FLN ou encore à Tizi Ouzou où en sus du Rassemblement d'Ahmed Ouyahia, il a cru judicieux de s'allier au FFS d'Aït Ahmed, il s'est vu débordé par le RCD qui lui a ravi la présidence.
De ces élections locales, deux ou trois choses sont à retenir. D'abord la multitude des petits partis nouvellement agréés pour la plupart a joué les «trouble-fêtes», dans ce que beaucoup y compris dans les états-majors des vieux partis, dans des joutes électorales acquises d'avance. Mais c'était sans compter avec les affinités locales de clans et de notabilités qui ont eu raison des consignes de vote données par les directions de ces mêmes partis à leurs structures locales. Le scrutin à bulletins secrets, retenu par la loi pour la désignation de l'exécutif et donc du président de l'APC, aura permis de créer de telles surprises, de tels retournements de situation, déjouant ainsi tous les «pronostics». Et enfin, les contradictions entre la loi électorale et les codes de la commune et de la wilaya auront eu pour effet pervers de «fausser» les résultats de telles consultations populaires locales.
Les électeurs ne comprendront pas toujours que l'édile local «sorti des urnes» dans bien des cas n'est pas le candidat qui aura remporté le plus de voix, mais celui qui aura eu la faveur de ses pairs élus comme lui à l'assemblée. Le législateur aura sans doute beaucoup à faire pour redresser une telle perversion d'un système électoral et du mode de scrutin retenu dans le choix des assemblées locales et de leurs exécutifs qui favorisent davantage, malheureusement, les tractations entre individus, notables et autres potentats locaux, au détriment de personnalités intègres, dévouées à la collectivité et soucieux de l'intérêt général.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Reda Bekkat
Source : www.elwatan.com