
Les rescapés de la misère d'hier, sécrétés par la conjoncture du trouble financier; oligarques, riches arrivistes et parfois prête-noms de leurs mentors, ne sont ni des aristocrates ni des bourgeois de lignée pure, grisés, ne réalisent pas ce qu'il leur arrive. Eux, les seigneurs du dernier quart d'heure, qui ont fait abdiquer la providence, pour s'introniser maîtres du sol et de ce qui se trouve en son sein. Sans sacro-saint, ni prières : de leur ciel se déversent les billets verts. Ils n'ont qu'à se servir, il y en a assez pour eux, mais pas pour longtemps, tous ne peuvent pas ramasser équitablement, la hiérarchie est respectée: comme dans la savane.A chacun son magot : le grand, le petit et l'insignifiant, c'est selon. La bourse des monnaies est au square Port Saïd et sur les places des cambistes improvisés, des autres villes où l'euro et le dollar passent de main en main, sans abris et à la lumière du jour. Les idées leur manquent, ils ne savent pas quoi en faire. Ne veulent pas le fructifier in situ. Ils s'en moquent ! Eux seuls comptent. Alors, ils couvrent leurs arrières dans les paradis fiscaux offshore, La Suisse, Le Lichtenstein, Singapour, les Iles Caïmans… et d'ailleurs, leur présent se confond dans le méga train de vie, ostentatoire qu'ils étalent.Les berlines allemandes, les villas cossues de Nice, Alicante…, les appartements haussmanniens de Paris et autres mégapoles, les châteaux de la Loire… Au peuple d'en bas, de consommer le made in Algéria, une blague qui fait rire jaune, le plus naïf d'entre tout le monde. Le matin en se levant, l'Algérien oublie de voir la réalité en face de son petit déjeuner, (Le café, le lait, le sucre, le beurre, la confiture, la farine de son pain et de ses viennoiseries, le jus de fruits et le cacao de son chocolat), la suite aussi… ses plaisirs superficiels et ses jouissances matérielles de quincaille lui viennent, en conteneurs, depuis l'étranger, payés en monnaie forte. Pour l'instant le made in Algeria n'est qu'un feu de paille, en attendant de reboiser la forêt qui fera le bonheur des bûcherons. Les maisons seront en bois et écologiques. Le mobilier usiné à la SNLB de Boufarik et de Nedroma.Les aciéries d'El Hadjar et de Djendjen fourniront le métal à la BCR pour la production des ustensiles de cuisine et à l'ENIEM pour la fabrication de l'électroménager. Le mouton des Hauts Plateaux donnera de la laine pour la confection des vêtements et des couvertures… Bref, ne serait-il pas plus pratique d'inventer une machine à remonter le temps et de plonger dans les années d'autarcie ' Soyons sérieux, Arnaud Montebourg s'est vêtu d'une marinière française pour gloser le made in France, la suite est connue… Le monde est devenu un empire marchand qui se fiche des frontières des autres, il y rentre, sans frapper à la porte et sans demander la permission de la maîtresse des lieux.Se prendre pour Don Quichotte pour lui casser ses éoliennes est un risque hasardeux à ne pas essayer. Pour se mesurer au c?ur battant de l'empire marchand, il faut d'abord avoir de la matière grise pensante de très haut niveau, un arrière pays agricole compétitif, une industrie puissante, un n?ud de communication mondial (réseau routier qui pénètre le Maghreb et l'Afrique, un chemin de fer, des ports et aéroports), un système bancaire expansif et une monnaie convertible; sans ça l'Algérien aura mangé tout son pain blanc en attendant la disette.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed Farrah
Source : www.lequotidien-oran.com