Bien loin est l'époque du «qui-tue- qui '» Une invention de l'Hexagone qui, faut-il inlassablement le rappeler, a fait énormément de tort à l'Algérie. A chaque lâche attentat terroriste qui frappait le pays, non seulement les soutiens se comptaient sur les doigts d'une seule main mais, plus grave encore, «le qui-tue-qui'» accusateur était servi. La France, qui avait misé lourdement sur le triomphe du FIS, avait réussi, rappelons-le encore, à isoler l'Algérie sur la scène internationale. Pendant des années, l'Algérie s'est asphyxiée sous le double embargo diplomatique et économique.
A l'époque, même les Etats-Unis avaient commencé à resserrer l'étau sur le pays. Faut-il rappeler à titre d'exemple seulement, qu'Anouar Haddam, l'un des principaux dirigeants de l'ex-Front islamique du salut (FIS), qui, à plusieurs reprises, avait revendiqué ou approuvé les actions du Groupe islamique armé, avait trouvé asile à Washington. Il aura fallu le choc des attentats en plein c'ur des Etats-Unis pour que la position américaine et celle du monde entier changent. Le 11 septembre a été le tournant décisif dans la lutte contre le terrorisme. L'effondrement des Twin Towers et l'attaque simultanée contre le Pentagone ont apporté non seulement la confirmation que le terrorisme est transnational mais ont surtout marqué une date-clé du début de la lutte mondiale contre ce phénomène.
Le revirement des puissances mondiales contre le terrorisme est incontestable depuis «la leçon» du 11 septembre. La dernière preuve en date est sans conteste l'affaire In Amenas. A l'unanimité, de Washington à Paris en passant par le Conseil de sécurité de l'ONU et l'Union européenne, la communauté internationale a fini par appuyer la position algérienne face aux ravisseurs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Les Américains avaient alors déclaré : «L'Algérie a mené une guerre terrible contre les terroristes durant plusieurs années et avec de grosses pertes de vies.» Même la France a considéré que «l'Algérie a apporté la réponse la plus appropriée» dans cette affaire.
Ces deux pays et bien d'autres, reconnaissant à l'Algérie son mérite dans la lutte contre le terrorisme et la grande expérience de ses services de sécurité, ont décidé d'établir un échange dans le domaine sécuritaire avec l'Etat algérien. D'ailleurs, pas plus tard qu'hier, Alger et Londres ont convenu de renforcer leur coopération sécuritaire qu'ils veulent ériger en partenariat stratégique dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, comme l'a indiqué l'ambassadeur de Grande-Bretagne, Martyn Roper. Selon ce haut responsable, l'attentat de Tiguentourine a renforcé la conviction des deux pays de la nécessité de coopérer étroitement dans la lutte contre le terrorisme. Dans le même sillage, le président Obama, qui a redéfini sa stratégie globale de lutte contre le terrorisme, dans un discours prononcé jeudi dernier, a souligné que l'évolution de cette menace mondiale appelle à une redéfinition de la nature et de la portée de la lutte contre ce fléau. Le Président américain a admis que ni lui ni aucun autre président «ne pourraient promettre de vaincre totalement la terreur». Il a aussi reconnu que les groupes terroristes existants «constituent une menace transnationale». Les terroristes «axent leurs actes autour des pays et des régions où ils sont basés», a-t-il dit, en reconnaissant que les révoltes dans le monde arabe ont permis aux extrémistes de s'installer dans des pays comme la Libye et la Syrie et d'émerger du Yémen à l'Irak, et de la Somalie à l'Afrique du Nord, rendant la menace plus «répandue»
géographiquement.
Toutes ces déclarations et reconnaissances de par le monde constituent une victoire pour l'Algérie, qui n'a eu de cesse, pendant des années, d'appeler la communauté internationale à réagir face au danger grandissant du terrorisme. Une dernière satisfaction : le film documentaire sur l'assassinat des moines de Tibhirine, qui rétablit la vérité en apportant les témoignages prouvant que c'est le GIA qui a kidnappé et tué froidement les sept moines du monastère de Notre-Dame de l'Atlas, près de Médéa, un certain 21 mai 1996. Un dossier chaud politiquement qui a constitué, pendant des années, un point de discorde entre Alger et Paris.
La question aujourd'hui est de connaître le contexte qui a fait en sorte que la vérité soit dite et assumée en France. Un pays qui a maintenu longtemps une forme de suspicion à l'égard de la lutte algérienne contre le terrorisme '
Les faits sont têtus et la vérité devait bien éclater un jour. Dans son combat contre le terrorisme, l'Algérie a été, certes, seule mais elle en est sortie victorieuse.
H. Y.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hasna Yacoub
Source : www.latribune-online.com